La “terramation” ou “compostage humain” autorisée dans un premier État australien
L’État de Nouvelle-Galles du Sud a adopté, mercredi 21 octobre, un texte autorisant la “réduction organique naturelle”, “terramation” ou “compostage humain”. Les législateurs australiens se sont inspirés d’exemples déjà en vigueur dans quelques autres régions du monde..
L’État de Nouvelle-Galles du Sud, en Australie, a adopté le 21 octobre 2026 une loi autorisant une nouvelle méthode de traitement des défunts appelée terramation ou compostage humain. Ce texte, porté par le député indépendant Alex Greenwich, marque une première en Australie, où les options légales pour la gestion des corps étaient jusqu’alors limitées à l’inhumation (enterrement traditionnel) et à la crémation (incinération). La terramation s’ajoute donc comme une troisième alternative, reconnue officiellement par les autorités. Le gouvernement local a choisi ce terme plutôt que réduction organique naturelle, jugé plus acceptable pour le grand public. Cette pratique, encore récente à l’échelle mondiale, n’est légale que dans un seul Land allemand (Schleswig-Holstein) et dans 14 États américains.
La terramation consiste à placer le corps d’une personne décédée dans un cylindre à température contrôlée, rempli de matières organiques comme de la luzerne, de la paille ou du mulch (paillis). Une fois le corps à l’intérieur, le récipient est retourné ou secoué pour favoriser la circulation de l’air. Les matières organiques réagissent alors avec le corps, accélérant sa décomposition naturelle. Ce processus transforme les restes humains en compost, qui peut ensuite être utilisé pour nourrir des plantes ou des arbres. L’objectif est de réduire l’impact environnemental des méthodes traditionnelles, comme la crémation, qui rejette du CO₂, ou l’inhumation, qui occupe de l’espace et utilise des produits chimiques (comme le formaldéhyde pour l’embaumement).
Cette loi s’inscrit dans une tendance mondiale visant à proposer des alternatives plus écologiques pour la gestion des défunts. En Australie, comme dans d’autres pays, les crémations dominent actuellement, représentant environ 70 % des pratiques funéraires. Cependant, cette méthode est critiquée pour son empreinte carbone, tandis que l’inhumation pose des problèmes de disponibilité des terres et de pollution des sols. La terramation pourrait séduire les personnes soucieuses de leur impact environnemental après la mort. En Nouvelle-Galles du Sud, cette option légale est perçue comme une avancée pour répondre aux attentes d’une partie de la population, tout en offrant une solution innovante dans un secteur funéraire traditionnel. Aucun chiffre précis concernant le nombre de personnes intéressées n’est encore disponible.
L’adoption de cette loi a suscité des réactions variées parmi les législateurs et la population. Certains députés ont déjà annoncé leur intention d’utiliser cette méthode pour leur propre enterrement, tandis que d’autres pourraient y voir une option à explorer. Les médias locaux, comme *The Sydney Morning Herald* ou *The Guardian Australia*, soulignent que cette pratique reste marginale mais gagne en visibilité grâce à des législations progressistes. À l’échelle internationale, la *terramation* est encore peu répandue, mais son autorisation en Australie pourrait encourager d’autres pays à étudier cette alternative. Aucune date précise n’a été fixée pour son application effective, mais les autorités locales travaillent à sa mise en œuvre dans les mois à venir.

