Islamabad transformée en “dock pour porte-conteneurs” pour bloquer une manifestation
Les autorités pakistanaises déploient les grands moyens pour sécuriser Islamabad et empêcher la tenue d’une grande marche, prévue dimanche 4 octobre, en soutien à l’ancien Premier ministre Imran Khan, incarcéré depuis 2023. La capitale se barricade avec l’installation de centaines de conteneurs pour bloquer les routes..
Pour empêcher une grande manifestation prévue le 4 octobre 2026 en soutien à l’ancien Premier ministre pakistanais Imran Khan, les autorités d’Islamabad ont transformé la capitale en une forteresse. Environ 2 000 conteneurs remplis de sable et de gravier ont été déployés pour bloquer les routes, créant une barrière physique infranchissable. Cette méthode, courante au Pakistan, consiste à utiliser des porte-conteneurs (grands caisses métalliques standardisées) comme éléments de construction pour des fortifications improvisées. Les forces de sécurité, renforcées par 18 000 personnels, ont également mis en place des contrôles stricts aux entrées et sorties de la ville. L’objectif est d’empêcher les partisans du Pakistan Tehrik-e-Insaf (PTI, Mouvement du Pakistan pour la justice), le principal parti d’opposition, d’atteindre le centre-ville où doit se tenir la marche.
Imran Khan, ancien Premier ministre du Pakistan et figure charismatique du PTI, est incarcéré depuis 2023. Son parti accuse les autorités de le maintenir en prison pour des raisons politiques, tandis que le gouvernement présente son emprisonnement comme une mesure de sécurité nationale. Le PTI a annoncé une marche de soutien à Khan pour le 4 octobre 2026, ce qui a poussé les autorités à agir préventivement. Depuis le 18 septembre 2026, les rassemblements publics de cinq personnes ou plus sont interdits pour une durée de deux mois dans la capitale. La stratégie policière consiste désormais à arrêter plutôt que disperser les manifestants, une approche qui vise à neutraliser toute tentative de mobilisation avant qu’elle ne prenne de l’ampleur.
Malgré son incarcération, Imran Khan conserve une forte popularité au Pakistan. Selon Bilal Gilani, directeur exécutif de l’institut de sondage Gallup Pakistan, sa base électorale reste solide. Cette popularité s’explique par son image de leader anti-corruption et son engagement en faveur des classes populaires. Les autorités, qui le décrivent comme une menace pour la sécurité nationale, semblent sous-estimer son influence, comme en témoigne l’ampleur des mesures de répression déployées. La transformation d’Islamabad en une dock pour porte-conteneurs illustre la gravité de la crise politique et la détermination des autorités à étouffer toute contestation, même symbolique.
La réponse des autorités pakistanaises s’inscrit dans une logique de contrôle absolu. En plus des barricades physiques, les forces de sécurité ont intensifié les contrôles aux points d’entrée de la ville et interdit les rassemblements publics. La police a reçu l’ordre d’interpeller les manifestants plutôt que de les disperser, une tactique qui vise à décourager toute participation à la marche prévue. Cette approche reflète une stratégie plus large de répression des oppositions politiques, où la prévention prime sur la gestion des conflits. Les observateurs soulignent que ces mesures pourraient envoyer un *mauvais message* à la communauté internationale, en montrant un État prêt à sacrifier les libertés fondamentales pour maintenir l’ordre.

