Trump peut encore gagner les élections de mi-mandat
Les sondages erronés et les divisions démocrates pourraient offrir une victoire inattendue en novembre au parti républicain. L’article Trump peut encore gagner les élections de mi-mandat est apparu en premier sur Le Grand Continent..
Les élections de mi-mandat américaines auront lieu en novembre 2026, soit à moins de cent jours de la date de publication de l'article. Plus d'une douzaine d'États organisent des primaires en août pour désigner leurs candidats. Deux sièges au Sénat, dans le Michigan et en Alaska, sont particulièrement décisifs. Le Michigan est considéré comme un obstacle majeur pour les républicains : selon Decision Desk HQ, le remporter augmenterait à 87 % les chances pour le Parti républicain de conserver la majorité au Sénat. Ces élections permettront de tester l'équilibre entre les ailes centriste et populiste chez les démocrates, et l'emprise de Donald Trump sur les investitures républicaines.
Les primaires démocrates révèlent des divisions internes. Dans le Michigan, le progressiste Abdul El-Sayed a remporté la primaire sénatoriale face à la centriste Haley Stevens, élue en 2019. Cependant, son avance de seulement 1,4 point contraste avec les sondages qui le donnaient gagnant de 10 à 19 points. Cette erreur de prévision, analysée par Nate Silver, s'explique par la volatilité de l'électorat dans les primaires législatives, où les repères partisans sont moins marqués. Dans le Missouri, le sortant Wesley Bell a de nouveau battu Cori Bush, figure de la Squad, en axant sa campagne sur la question d'Israël. Au Kansas, la sénatrice Cindy Holscher, outsider anti-establishment, a devancé le candidat soutenu par la gouverneure démocrate.
Le Parti républicain montre une discipline apparente, avec une mainmise quasi totale de Donald Trump sur les investitures. Mike Rogers a été désigné sans opposition au Michigan pour le Sénat, tandis que Ty Masterson, soutenu par Trump, a remporté la primaire du Kansas avec 42 % des voix. Cependant, cette stratégie comporte des risques : des candidats comme Mike Lindell, fabricant d'oreillers et complotiste, pourraient nuire à la crédibilité du parti. Au Minnesota, Lindell affronte Amy Klobuchar, ancienne candidate à la présidentielle, dans une course où le Cook Political Report a revu son pronostic de « probablement républicain » à « solidement démocrate ». En Alaska, la confusion est créée par un homonyme républicain, Dan Sullivan, qui pourrait diviser les voix.
Les républicains misent sur deux sièges incertains (toss-ups) : le Michigan, où ils investissent près de 50 millions d'euros, et l'Alaska, où ils défendent un siège sortant. Les démocrates, eux, peinent à trouver un équilibre entre mobilisation de leur base et électabilité. Au Michigan, la victoire probable d'El-Sayed place le parti face à un dilemme : un candidat progressiste devra affronter un État pivot où les sondages le donnent perdant. Depuis 1934, le parti du président n'a gagné des sièges à la Chambre que trois fois lors des élections de mi-mandat (1934, 1998, 2002), ce qui rend ces élections particulièrement incertaines.
Les sondages ont sous-estimé la volatilité de l'électorat dans les primaires législatives, avec une erreur moyenne de 9 points. Dans les primaires présidentielles, cette erreur était déjà d'environ 9 points, mais elle explose dans les primaires législatives où l'électorat est réduit et moins prévisible. Les sondages y sont rares et souvent partisans, ce qui rend les prévisions particulièrement difficiles. Cette imprécision remet en cause les récits médiatiques d'une « vague progressiste » ou d'un recul du *trumpisme* dans l'électorat, soulignant la nécessité de prendre ces données avec prudence à l'approche des élections de novembre.

