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Généraliste

Le stérilet Mirena augmente-t-il le risque de dépression?

Le Devoir · mis à jour 2 oct.

La dépression étant un trouble multifactoriel, établir une responsabilité est complexe..

Origine de la polémique

En 2017, un groupe Facebook intitulé Victimes du stérilet hormonal Mirena est créé en France pour recueillir les témoignages de femmes rapportant des effets secondaires liés à ce stérilet. Ces effets incluent des sautes d’humeur, de l’irritabilité, de l’anxiété ou encore des états dépressifs. La polémique s’est intensifiée avec une étude néerlandaise publiée en 2017, menée par le chercheur Steven A. Kushner, suggérant que l’hormone principale du Mirena, le lévonorgestrel, pourrait agir sur le cerveau et expliquer ces symptômes. D’autres études, comme celle menée au Royaume-Uni en 2009 ou au Danemark en 2016, ont également évoqué un lien entre le stérilet hormonal et la dépression, bien que les résultats restent contrastés.

Efficacité et effets secondaires

Le stérilet Mirena est une méthode contraceptive réputée pour son efficacité, avec un taux de réussite supérieur à 99 % pour prévenir les grossesses. Il contient un progestatif synthétique appelé lévonorgestrel, libéré progressivement dans l’utérus. Selon des études, comme celle menée en 2022 auprès de 223 femmes utilisant le Mirena depuis 8 ans, 99 % des participantes se disaient satisfaites. Cependant, des effets secondaires sont possibles, bien que rares : moins de 10 % des utilisatrices rapportent des troubles de l’humeur, de l’acné, une prise de poids ou des douleurs mammaires. La monographie du stérilet Mirena de Santé Canada indique que l’humeur dépressive et la dépression font partie des effets secondaires fréquents. Dans les essais cliniques, 6,4 % des utilisatrices ont signalé des symptômes dépressifs.

Études contradictoires

Depuis dix ans, plusieurs études indépendantes ont tenté d’éclaircir le lien entre le stérilet hormonal et la dépression, mais les résultats sont contradictoires. En 2018, une analyse de 26 études aux États-Unis n’a pas trouvé de lien solide entre les deux. À l’inverse, une revue systématique publiée en 2023, analysant 22 études, a conclu que 10 d’entre elles rapportaient une augmentation des symptômes dépressifs chez les utilisatrices. Une étude suédoise de 2024, portant sur 703 000 femmes, a même observé une hausse de 57 % du risque de dépression chez celles utilisant un stérilet hormonal. Ces divergences s’expliquent par la complexité du trouble dépressif, influencé par de nombreux facteurs autres que la contraception.

Facteurs influençant la dépression

La dépression est un trouble multifactoriel, ce qui signifie qu’elle peut être influencée par de nombreux éléments : antécédents de santé mentale, traumatismes, relations sexuelles ou événements stressants. Une étude française de 2019 a montré que la médiatisation des effets secondaires du Mirena avait augmenté la fréquence des signalements de troubles de l’humeur chez les utilisatrices. Les études observationnelles, comme celles citées, ne permettent pas d’établir un lien de cause à effet clair entre le stérilet hormonal et la dépression. En 2023, une étude française sur 90 000 femmes a révélé une faible association entre l’utilisation du stérilet et la prise d’antidépresseurs, sans lien avec la dose d’hormones. Cependant, une étude danoise de 2024 a observé un risque accru d’antidépresseurs chez les femmes utilisant un stérilet à forte dose de lévonorgestrel (52 mg), suggérant un possible lien causal.

Recommandations médicales

Les autorités sanitaires et les fabricants soulignent que certaines femmes pourraient être plus vulnérables aux effets secondaires du Mirena, notamment celles ayant des antécédents de dépression. La monographie du stérilet Mirena recommande d’envisager son retrait en cas de dépression grave, car celle-ci pourrait être liée au médicament. En 2023, une revue systématique a conseillé aux professionnels de santé de réaliser une évaluation psychiatrique avant la pose d’un stérilet hormonal et d’aborder avec les patientes les risques de dépression et d’idées suicidaires. Le Protocole de contraception du Québec (2024) précise que les faibles associations observées entre le stérilet et les troubles de l’humeur pourraient être attribuées à d’autres facteurs.

Ce que ça pourrait changer

Plusieurs études ont établi une *association* entre le stérilet hormonal et les troubles de l’humeur, mais aucune ne permet de confirmer un lien de causalité direct. Les données disponibles restent insuffisantes pour conclure que le Mirena provoque systématiquement la dépression. Les femmes, en particulier celles ayant des antécédents de dépression, sont encouragées à discuter avec leur médecin avant d’opter pour cette méthode contraceptive. Le choix doit être fait au cas par cas, en tenant compte des risques potentiels et des alternatives disponibles. Aucune décision ne doit être prise sans un avis médical personnalisé.

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