Notre rapport à la nuit / L'accès aux soins sous le régime taliban / Nouvelles écritures théâtrales
Aujourd'hui, à 7 h 38, Julie Gacon reçoit le géographe Luc Gwiazdzinski pour interroger le rapport à la nuit de nos sociétés et évoquer les usages nouveaux dont celle-ci pourrait faire l'objet..
Dans l’émission Les Enjeux du 19 août 2026, Mélanie Nunes, journaliste et réalisatrice, aborde la question cruciale de l’accès aux soins en Afghanistan sous le régime taliban. Ce pays, dirigé depuis 2021 par les talibans après leur retour au pouvoir, impose des restrictions strictes, notamment sur les droits des femmes. Les hôpitaux et cliniques, déjà fragilisés par des décennies de conflits, font face à des défis majeurs : pénurie de personnel médical qualifié, manque de médicaments et infrastructures vétustes. Les femmes, en particulier, subissent des limitations drastiques, comme l’interdiction de travailler dans le secteur de la santé ou d’être soignées par des hommes. Ces mesures aggravent une crise humanitaire déjà profonde, avec des taux de mortalité infantile parmi les plus élevés au monde. Selon l’UNICEF, près de 3 millions d’enfants afghans souffrent de malnutrition aiguë en 2026. Les organisations internationales tentent de contourner ces restrictions en formant des femmes locales ou en soutenant des structures clandestines, mais les obstacles restent nombreux.
Le géographe Luc Gwiazdzinski, invité dans Le Grand Entretien du 19 août 2026, interroge la notion de propriété de la nuit dans nos sociétés contemporaines. Dans son ouvrage Décoloniser la nuit, à paraître le 21 août 2026, il défend l’idée que la nuit, longtemps perçue comme un espace de repos ou de danger, est aujourd’hui un enjeu économique, social et écologique. Les villes, par exemple, sont de plus en plus éclairées artificiellement, ce qui perturbe les écosystèmes et la santé humaine. Gwiazdzinski cite des études montrant que l’exposition à la lumière nocturne artificielle augmente les risques de troubles du sommeil et de dépression. Il propose de repenser l’aménagement urbain pour rendre la nuit plus accessible et moins contrôlée par des intérêts privés, comme ceux des enseignes commerciales ou des plateformes de livraison nocturne. En France, 60 % des communes ont adopté un plan lumière pour limiter la pollution lumineuse, mais les résultats restent inégaux.
Stanislas Nordey, metteur en scène, acteur et éditeur de théâtre, est l’invité culture des *Matins d’été* pour discuter des *nouvelles écritures théâtrales*. Ce terme désigne des formes de création dramatique qui bousculent les codes traditionnels, en intégrant par exemple des technologies numériques, des performances immersives ou des récits non linéaires. Nordey, connu pour son approche innovante, souligne que ces nouvelles écritures reflètent les transformations de la société, comme la montée des réseaux sociaux ou la crise climatique. Il mentionne des spectacles récents qui mêlent théâtre et réalité virtuelle, ou qui explorent des thèmes comme l’identité ou la mémoire collective. Ces créations, souvent produites par des compagnies indépendantes, cherchent à toucher des publics diversifiés et à rendre le théâtre plus inclusif. En 2026, le théâtre reste un secteur en mutation, avec une baisse de fréquentation dans les salles traditionnelles mais une vitalité croissante des festivals et des lieux alternatifs.

