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Géopolitique

Crise du logement en Espagne : Pedro Sánchez va-t-il appuyer sur “le bouton rouge” électoral ?

Courrier International · mis à jour 2 oct.

Vendredi 2 octobre, la majorité des députés du Congrès a voté contre les deux décrets présentés par le gouvernement pour répondre à la crise du logement outre-Pyrénées. L’ombre des élections législatives anticipées plane désormais au-dessus de l’Espagne..

Décrets bloqués au Congrès

Le 2 octobre 2026, le gouvernement espagnol du Premier ministre socialiste Pedro Sánchez a vu ses deux décrets sur la crise du logement rejetés par la majorité des députés du Congrès. Ces textes, conçus pour apaiser les tensions liées à l'accès au logement, visaient notamment à encadrer les loyers et à protéger les locataires contre les expulsions abusives. Le rejet de ces mesures intervient dans un contexte de forte pression sociale, marquée par des manifestations et des occupations symboliques, comme l'installation d'un campement géant sur la Puerta del Sol à Madrid. Les décrets étaient perçus comme une réponse urgente à une crise qui touche particulièrement les ménages modestes et les personnes âgées, comme l'a illustré l'affaire de Maricarmen Abascal, une octogénaire expulsée de son logement en septembre 2026.

Crise sociale et politique

La crise du logement en Espagne a pris une dimension politique majeure en 2026, avec des répercussions sur la stabilité du gouvernement Sánchez. L'expulsion de Maricarmen Abascal, 87 ans, dont l'appartement avait été racheté par un fonds d'investissement spéculatif, a cristallisé la colère populaire. Cet événement a provoqué une vague d'indignation, notamment après l'installation d'un campement géant sur la Puerta del Sol, symbole des mouvements sociaux comme Indignés (mouvement 15-M apparu en 2011). La situation a exacerbé les tensions entre partis, avec une opposition qui accuse le gouvernement de ne pas agir suffisamment pour protéger les citoyens contre la spéculation immobilière et la hausse des loyers.

Menace d'élections anticipées

Face au rejet des décrets et à la pression sociale, Pedro Sánchez envisage de convoquer des élections législatives anticipées pour le 29 novembre 2026. Cette décision, encore en discussion au sein du gouvernement et du parti socialiste (PSOE), pourrait être prise d'ici la fin du week-end des 3 et 4 octobre 2026. Les médias espagnols, comme El País et Eldiario.es, rapportent que le Premier ministre pèse le pour et le contre, car une dissolution du Parlement pourrait soit renforcer son camp, soit aggraver la crise politique. Les élections anticipées sont perçues comme un moyen de trancher la question du logement, mais aussi comme un pari risqué pour le gouvernement.

Fonds d'investissement et spéculation

La crise du logement en Espagne est en partie alimentée par l'arrivée massive de fonds d'investissement (socimi en espagnol, sociétés cotées en bourse spécialisées dans l'immobilier locatif) qui achètent des logements pour les louer à des prix élevés, souvent inaccessibles pour les classes moyennes et populaires. Ces fonds, souvent étrangers, profitent de la pénurie de logements et de la flambée des prix pour réaliser des profits. L'affaire de Maricarmen Abascal illustre ce phénomène : son appartement, acheté par un fonds, lui a été repris pour être loué à un prix bien plus élevé, la contraignant à une expulsion. Cette pratique est au cœur des débats sur la régulation du marché immobilier en Espagne.

Ce que ça pourrait changer

La crise du logement a provoqué une mobilisation sans précédent en Espagne, avec des manifestations massives et des occupations symboliques, comme le campement de la Puerta del Sol. Ces actions s'inscrivent dans la continuité des mouvements sociaux espagnols, comme le *15-M* de 2011, qui dénonçaient les inégalités et la corruption. Les Espagnols, particulièrement les jeunes et les retraités, réclament des mesures fortes pour encadrer les loyers, taxer les logements vacants et limiter l'influence des fonds d'investissement. La colère sociale a aussi touché les partis politiques, avec une défiance croissante envers les institutions, perçues comme incapables de résoudre la crise.

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