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Amnistie internationale s’inquiète du comportement des troupes du PQ

Le Devoir · mis à jour 23 sept.

L’ONG accuse des membres du parti de recourir au harcèlement et à l’intimidation des voix d’opposition..

Amnistie contre harcèlement

Amnistie internationale Canada francophone accuse des membres du Parti québécois (PQ) de recourir à des pratiques de harcèlement et d’intimidation envers des opposants politiques. Selon l’ONG, ces agissements menacent la liberté d’expression, un droit fondamental garanti par la loi. L’organisation s’appuie sur quatre plaintes déposées contre la Dre Marie-Ève Cotton, une psychiatre, par des figures influentes du PQ, dont sa directrice générale et deux candidats. Ces plaintes visent ses critiques publiques sur les réseaux sociaux, notamment sur des sujets comme l’immigration ou la théorie du genre. Amnistie craint que ces méthodes ne signalent une dérive autoritaire si le parti accédait au pouvoir, une situation comparée à des alertes similaires lancées contre d’autres partis au Québec.

Plaintes ciblées et rejetées

Les quatre plaintes déposées contre la Dre Cotton au Collège des médecins du Québec ont toutes été rejetées, parfois après des appels. Dans une lettre de rejet, le Collège a qualifié ses publications de commentaires sociaux généraux, non d’avis médicaux, tout en recommandant une plus grande modération dans ses prises de parole. Selon France-Isabelle Langlois, directrice générale d’Amnistie internationale Canada francophone, ces démarches constituent un schéma de harcèlement organisé, car elles émanent de membres du PQ et visent systématiquement des critiques envers le parti. Le Collège a également souligné l’absence de fondement médical dans les plaintes, renforçant l’idée d’un ciblage politique plutôt que professionnel.

Menaces sur la liberté d’expression

Amnistie internationale dénonce un effet d’autocensure : des personnes craignent des représailles professionnelles ou disciplinaires pour avoir critiqué le PQ sur les réseaux sociaux. L’ONG cite une dizaine de cas anonymes où des membres du parti ont signalé des publications jugées dérangeantes à leur ordre professionnel ou à leur employeur. Ces signalements, souvent liés à des sujets comme l’idéologie woke ou la théorie du genre, visent des individus extérieurs au parti. France-Isabelle Langlois souligne que ces pratiques, même si elles échouent, restreignent le droit à la liberté académique et à la critique politique, des droits protégés par le droit international.

Réaction du Parti québécois

Le Parti québécois (PQ) rejette les accusations, affirmant ne pas contrôler la liberté d’expression de ses membres et jugeant légitime la plainte déposée contre la Dre Cotton. Le parti estime que cette dernière a attaqué son chef et sa famille avec acharnement et malhonnêteté, justifiant ainsi sa démarche au Collège des médecins. Dans une déclaration écrite, le PQ s’interroge sur l’opportunité pour Amnistie internationale de s’immiscer dans la campagne électorale, suggérant que l’ONG devrait plutôt se concentrer sur des dossiers relevant de sa mission. Le parti rappelle qu’il ne s’agit pas de brimer la liberté d’expression, mais de défendre sa réputation face à des critiques répétées.

Débat sur le rôle des psychiatres

Jean-François Lisée, ancien chef du PQ et commentateur politique, critique la position d’Amnistie internationale. Il estime que l’ONG défend l’idée qu’un psychiatre ne devrait subir aucune conséquence pour ses prises de parole publiques, même si celles-ci visent des individus ou des groupes. Pour Lisée, une personne publique dotée d’un doctorat en psychiatrie doit assumer les répercussions de ses propos, notamment lorsqu’elle accuse des gens de racisme. Ce débat soulève la question du conflit d’intérêts entre la liberté académique et la responsabilité publique, un sujet complexe qui divise les observateurs.

Ce que ça pourrait changer

France-Isabelle Langlois, de l’ONG, encourage les victimes de harcèlement à briser l’**autocensure** et à témoigner publiquement, à l’image du mouvement *#MeToo*. Elle précise que la Dre Cotton est la seule à avoir accepté de rendre son cas public parmi les dix personnes ayant signalé des agissements du PQ. L’objectif n’est pas de discréditer le parti, mais d’analyser si des droits fondamentaux ont été bafoués. Amnistie insiste sur le fait que ses critiques visent des **pratiques**, non des idées, et rappelle que même des partis au pouvoir (comme la CAQ) ont été pointés du doigt pour des dérives similaires. L’avis de l’ONG vise à protéger le débat démocratique, quel que soit le parti concerné.

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