« Deux ans et demi pour autoriser un data center IA en France » : le patron d’Iliad (Free) veut aller plus vite
Iliad a profité de la présentation de ses résultats semestriels, le 27 août 2026, pour faire un point sur ses activités dans l'intelligence artificielle. Le groupe de Xavier Niel refuse de communiquer des chiffres précis sur Scaleway et Kyutai, mais revendique une croissance de 50 % sur son activité cloud.
Le groupe Iliad, dirigé par Xavier Niel et propriétaire de Free, annonce une croissance de 50 % de son activité cloud au cours du premier semestre 2026. Le cloud (ou informatique en nuage) désigne des serveurs distants accessibles via internet pour stocker, traiter ou héberger des données et des applications. Iliad exploite cette croissance principalement à travers sa filiale Scaleway, spécialisée dans les services d’hébergement pour entreprises. Cette performance reflète une demande accrue pour des infrastructures numériques, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA). Le groupe ne communique pas de chiffres précis sur ses revenus ou ses investissements dans ce secteur, mais souligne l’importance stratégique de cette croissance pour ses activités futures.
Iliad alerte sur les délais excessifs imposés par l’administration française pour autoriser la construction de data centers dédiés à l’IA. Selon le groupe, ces délais s’étendent « entre deux ans et deux ans et demi », un temps jugé trop long pour un secteur en pleine expansion. Un data center (ou centre de données) est un bâtiment équipé de serveurs informatiques qui stockent et traitent des données massives, notamment pour des applications d’IA. Le groupe affirme avoir identifié des terrains adaptés, mais se heurte à des procédures administratives complexes et chronophages. Xavier Niel, via son laboratoire d’IA Kyutai, appelle à une simplification des processus pour accélérer le développement de ces infrastructures essentielles à l’innovation technologique en France.
Iliad opère un virage stratégique avec son laboratoire d’IA, *Kyutai*, qui se concentre désormais sur le développement de *world models* (ou *modèles du monde*). Ces modèles d’IA visent à simuler des environnements complexes pour mieux comprendre et prédire des phénomènes réels, comme le climat, la logistique ou les interactions humaines. Ce choix marque une évolution par rapport aux applications traditionnelles de l’IA, souvent limitées à des tâches spécifiques. Le groupe ne détaille pas les investissements ou les résultats concrets de cette orientation, mais souligne son ambition de positionner la France comme un acteur clé dans ce domaine émergent. *Kyutai* reste discret sur ses avancées, mais son orientation reflète une volonté de se différencier dans un marché dominé par les géants américains et chinois.

