Un pouvoir fédérateur
En cette ère qui débute avec un nouveau chef, qu’adviendra-t-il du bien commun et du vivre-ensemble ?.
L’auteure explique qu’elle a initialement hésité à écrire une chronique après les élections, car elle ne couvre pas habituellement la politique. Elle précise que son angle d’approche sera le vivre-ensemble et le bien commun, des concepts centraux en politique mais aussi dans la vie quotidienne. Elle évoque son expérience de bergère bénévole depuis six ans, une activité qui lui permet d’observer les interactions entre les humains et les animaux. Le texte est publié le 6 octobre, lendemain des élections, dans le journal Le Devoir, un quotidien québécois indépendant fondé en 1910. L’auteure souligne que les élections sont une aventure citoyenne, un moment où la société réfléchit à son organisation collective.
L’auteure décrit le projet de bergerie urbaine auquel elle participe chaque été depuis six ans. Il s’agit d’un troupeau d’environ 150 moutons et béliers, géré par 150 bergers bénévoles, qui pâturent dans des parcs de Montréal, notamment au parc Maisonneuve et près de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (IUSMM). Le projet vise à apaiser les patients, les résidents d’un CHSLD voisin et les habitants du quartier. En 2024, les moutons ont également interagi avec des enfants d’un CPE (centre de la petite enfance). L’auteure mentionne que les moutons ne posent pas de problème, contrairement aux humains, et que leur présence favorise des activités comme le yoga ou des ateliers sur la laine. Les moutons passent l’été en ville et retournent en octobre à la ferme-école du cégep de Lanaudière, à Saint-Thomas, près de Joliette, où ils sont soignés par des étudiants en gestion agricole.
L’auteure explique que les moutons sont des animaux grégaire, c’est-à-dire qu’ils vivent en groupe et dépendent les uns des autres pour leur sécurité. Ils ne peuvent ni mordre, ni ruer efficacement, ni fuir rapidement, donc leur réflexe est de se rassembler. Elle précise qu’il n’y a pas de chef attitré dans le troupeau, mais que chaque mouton peut prendre un rôle de leader selon les circonstances. Elle cite Chalette, une brebis de neuf ans, comme une figure charismatique et fédératrice du troupeau. Son fils, Madrid, un bélier de 250 livres, est décrit comme dissipé mais protecteur envers sa mère. L’auteure souligne que les moutons sont des mitaines vivantes en octobre, car leur laine, épaisse et tiède, peut réchauffer les mains quand les températures baissent.
L’auteure établit un parallèle entre le comportement des moutons et les enjeux du *bien commun* et du *vivre-ensemble* en politique. Elle se demande si les humains peuvent s’inspirer de la solidarité naturelle des moutons, qui se rassemblent sans hiérarchie rigide. Elle mentionne que le projet de bergerie urbaine a suscité des interactions positives entre différents groupes : patients de l’IUSMM, résidents d’un CHSLD, enfants et habitants du quartier. Elle évoque également une visite de *Ruba Ghazal*, co-porte-parole de Québec solidaire, dans le parc Maisonneuve la veille des élections, soulignant que ce lieu calme a servi de cadre apaisant pour une campagne électorale. L’auteure conclut en interrogeant l’avenir du vivre-ensemble dans une nouvelle ère politique.

