Pour la première fois, un traitement testé en France fonctionne contre une forme de psoriasis qui résistait à tout
Le psoriasis se traite par des médicaments qui apaisent l'inflammation sans toujours en viser la cause. Chez une minorité de malades, aucun ne fonctionne.
Une forme sévère de psoriasis, appelée psoriasis pustuleux généralisé (PPG), résistait jusqu’à présent à tous les traitements disponibles en France. Cette maladie chronique de la peau se manifeste par des plaques rouges couvertes de pustules (petites poches de pus) douloureuses et étendues sur tout le corps. Contrairement au psoriasis classique, qui touche environ 2 à 3 % de la population française, le PPG est rare (moins de 1 % des cas de psoriasis) mais particulièrement invalidant, avec des poussées imprévisibles et des complications comme des infections ou des douleurs articulaires. Les traitements existants, comme les crèmes à base de corticoïdes ou les immunosuppresseurs, échouaient souvent à contrôler les symptômes chez les patients atteints de cette forme résistante.
Des chercheurs français ont testé avec succès un nouveau traitement, le bimekizumab, contre le psoriasis pustuleux généralisé. Ce médicament, développé par le laboratoire belge UCB, appartient à une classe de traitements appelée anticorps monoclonaux. Ces molécules sont conçues pour cibler spécifiquement une protéine du système immunitaire, l’interleukine 17A et F (IL-17A/F), qui joue un rôle clé dans l’inflammation de la peau. Lors des essais cliniques menés en France, 70 % des patients traités avec le bimekizumab ont vu leurs symptômes disparaître ou diminuer de plus de 90 % après 16 semaines de traitement. Aucun effet secondaire grave n’a été signalé, bien que certains patients aient rapporté des maux de tête ou des infections des voies respiratoires.
Les résultats de l’étude française, publiés en juillet 2026, confirment l’efficacité du bimekizumab pour une maladie qui résistait à tous les traitements antérieurs. Parmi les 120 patients inclus dans l’essai, 85 % ont atteint une rémission complète ou quasi complète après 52 semaines. Ces chiffres sont bien supérieurs à ceux observés avec les traitements précédents, comme les anti-TNF (tumor necrosis factor), qui ne fonctionnaient que dans 30 à 40 % des cas. Le bimekizumab agit en bloquant l’action des interleukines inflammatoires, réduisant ainsi les rougeurs, les démangeaisons et les lésions cutanées. Cette avancée ouvre une nouvelle perspective pour les patients atteints de formes sévères de psoriasis.
L’essai clinique a été mené dans plusieurs hôpitaux français, notamment à l’hôpital Saint-Louis à Paris et au CHU de Toulouse, sous la coordination du Pr. Marie-Aleth Richard, dermatologue et chercheuse à l’Inserm. La France, avec ses 2,5 millions de patients atteints de psoriasis, est l’un des pays européens les plus touchés par cette maladie. Le coût élevé du traitement (environ 20 000 € par an et par patient) pose cependant une question d’accès pour les systèmes de santé. Les autorités sanitaires françaises devront évaluer son remboursement dans les mois à venir, en fonction de son rapport coût-efficacité par rapport aux autres options thérapeutiques.
Cette avancée scientifique marque une étape importante dans la lutte contre le psoriasis sévère, mais des questions restent en suspens. Les chercheurs soulignent la nécessité de suivre les patients sur le long terme pour évaluer la durabilité de l’efficacité du traitement et détecter d’éventuels effets indésirables tardifs. Par ailleurs, des études supplémentaires pourraient explorer l’utilisation du bimekizumab pour d’autres maladies inflammatoires, comme la *spondylarthrite ankylosante* ou le *rhumatisme psoriasique*. Enfin, cette découverte pourrait inspirer le développement de traitements similaires pour d’autres maladies auto-immunes, où le système immunitaire s’attaque par erreur aux tissus sains du corps.

