Daniel Gómez, expert en frelon oriental : « S'il vient se poser sur nous
Le biologiste Daniel Gómez analyse la dangerosité de Vespa orientalis, espèce invasive repérée à Séville, et détaille les bons réflexes à adopter face à cet insecte..
Daniel Gómez est un expert reconnu dans l'étude du frelon oriental (Vespa orientalis), une espèce invasive originaire d'Asie qui s'est implantée en Europe, notamment en France, ces dernières années. Spécialiste de l'entomologie (science étudiant les insectes), il travaille sur les méthodes de prévention et de gestion des risques liés à cette espèce, notamment en raison de son impact sur les écosystèmes locaux et les activités humaines. Son expertise porte sur le comportement de cet insecte, ses habitudes alimentaires et ses interactions avec les autres espèces, y compris l'homme. Dans cet article, il partage des conseils pratiques pour éviter les conflits avec le frelon oriental, un sujet crucial en période estivale où les rencontres avec cet insecte sont plus fréquentes.
Le frelon oriental (Vespa orientalis) est une espèce de guêpe sociale originaire d'Asie, introduite accidentellement en Europe via des marchandises ou des voyages. Contrairement à son cousin le frelon européen (Vespa crabro), il est plus agressif et peut poser des problèmes pour les apiculteurs (élevage d'abeilles) et les activités en plein air. Son venin, bien que moins dangereux que celui d'une abeille ou d'une guêpe commune, peut provoquer des réactions allergiques chez certaines personnes. En France, sa présence reste encore localisée, mais elle s'étend progressivement, notamment dans le sud du pays. Les autorités sanitaires surveillent son expansion pour limiter son impact sur la biodiversité et la santé publique.
Le frelon oriental est un insecte diurne (actif le jour) qui se nourrit principalement d'insectes, y compris d'abeilles, ce qui en fait une menace pour les ruches. Contrairement aux idées reçues, il n'est pas systématiquement agressif envers l'homme : il pique surtout en cas de provocation ou de menace perçue. Son vol est plus rapide et plus direct que celui du frelon européen, et il peut parcourir plusieurs kilomètres à la recherche de nourriture. Les femelles fondatrices (reines) sont les plus dangereuses, car elles sont capables de piquer à répétition sans mourir, contrairement aux ouvrières. En période estivale, leur activité est maximale, ce qui augmente les risques de rencontres avec l'homme.
Selon Daniel Gómez, la première règle en cas de rencontre avec un frelon oriental est de ne pas paniquer. Si l'insecte se pose sur une personne, il est recommandé de rester calme et de ne pas faire de mouvements brusques, car cela pourrait le stresser et déclencher une réaction défensive. L'expert insiste sur le fait que le frelon oriental n'attaque généralement pas sans raison : il cherche simplement à explorer ou à se nourrir. Dans ce cas, il faut éviter de le chasser ou de le frapper, car cela pourrait le pousser à piquer. La meilleure attitude est de le laisser partir de lui-même, en restant immobile ou en s'éloignant lentement. Si le frelon est à proximité d'un nid, il est préférable de s'éloigner rapidement pour éviter tout risque d'essaimage.
Pour limiter les risques de rencontre avec un frelon oriental, Daniel Gómez recommande plusieurs mesures de prévention. Il est conseillé d'éviter de laisser des aliments sucrés ou de la viande à l'air libre en extérieur, car ces odeurs attirent les insectes. Les apiculteurs doivent surveiller leurs ruches et installer des pièges spécifiques pour capturer les frelons orientaux sans nuire aux abeilles. En cas de nid repéré, il est impératif de ne pas tenter de le détruire soi-même, mais de faire appel à un professionnel (fournisseur de services de désinsectisation agréé). Les autorités locales et les associations de protection de la nature organisent parfois des campagnes de sensibilisation pour informer le public sur les bonnes pratiques à adopter.
L'expansion du frelon oriental en Europe soulève des questions écologiques majeures. En s'attaquant aux abeilles, il menace la pollinisation des plantes et, par ricochet, la biodiversité. Les scientifiques étudient des méthodes pour limiter son expansion, comme l'utilisation de pièges sélectifs ou la promotion de prédateurs naturels. En France, des programmes de surveillance sont mis en place par des organismes comme l'INRAE (Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement) pour suivre la progression de l'espèce. Cependant, aucune solution miracle n'existe encore : la prévention et la sensibilisation restent les meilleurs outils pour coexister avec cette espèce invasive.

