Certains économistes redoutent un krach boursier violent, alimenté par l'intelligence artificielle
Pour plusieurs spécialistes, l'euphorie autour de l'IA rappelle les grandes bulles spéculatives du passé. Si les gains de productivité promis tardent à se concrétiser, les marchés pourraient connaître un sévère retour à la réalité..
Depuis plus d’un an, des économistes et observateurs financiers alertent sur l’existence d’une bulle spéculative autour de l’intelligence artificielle (IA). Selon eux, cette bulle ne peut pas durer indéfiniment, mais pour l’instant, elle résiste sans éclater, créant une situation de suspense. Le site Futurism rapporte que cette bulle, bien que critiquée, dépasse désormais les prévisions les plus pessimistes. Les craintes portent sur une possible explosion violente des marchés, similaire à celle de la bulle Internet des années 1990 ou de la Grande Dépression des années 1930. L’économie américaine serait aujourd’hui dans une situation plus préoccupante qu’à la veille du krach de 1929, avec des valorisations boursières jugées excessives.
L’indice S&P 500, qui mesure la performance des 500 plus grandes entreprises cotées en bourse aux États-Unis, affiche un niveau de surévaluation historique. Selon Russ Mould, chroniqueur économique du Telegraph, les actions du S&P 500 se négocient à un prix équivalant à 41 fois leurs bénéfices annuels moyens sur les dix dernières années. Cela signifie que pour chaque dollar de profit généré par ces entreprises, les investisseurs paient 41 dollars. Ce ratio, appelé price-to-earnings (ou P/E ratio), est un indicateur clé pour évaluer si une action est surévaluée ou sous-évaluée. Historiquement, la moyenne de ce ratio se situe autour de 17,3, et il atteignait 32,5 lors du Mardi noir de 1929, jour du début de la Grande Dépression. Un ratio aussi élevé que 41 est donc un signal d’alerte majeur.
Un ratio P/E aussi élevé que 41 pour le S&P 500 indique que les marchés sont dans une situation de grande vulnérabilité. Bien qu’il ne permette pas de prédire précisément quand un krach pourrait survenir, un tel niveau est souvent associé à des risques accrus de correction brutale. Les économistes comparent cette situation à un retrait soudain de la mer avant un tsunami : le calme apparent pourrait cacher une catastrophe imminente. Les investisseurs paient aujourd’hui bien plus que la valeur réelle des entreprises, ce qui crée une bulle prête à éclater. L’article souligne que, tôt ou tard, cette bulle devra se dégonfler, et ce de manière douloureuse pour les marchés.
La justification de ces valorisations excessives repose presque entièrement sur l’intelligence artificielle. Les investisseurs et les entreprises ont adopté massivement le récit selon lequel l’IA va révolutionner la productivité et les profits à l’échelle mondiale. Cependant, dans la réalité, cette technologie s’avère souvent peu utile dans de nombreux secteurs professionnels. Pourtant, les marchés financiers continuent de surévaluer les entreprises liées à l’IA, comme si cette technologie était déjà une garantie de succès futur. Cette situation rappelle celle de la bulle Internet des années 1990 ou de l’électrification des infrastructures dans les années 1920, où l’enthousiasme initial avait conduit à une surévaluation massive avant un effondrement brutal.
Pour les économistes, la contradiction entre les valorisations boursières et la réalité de la productivité liée à l’IA ne peut se résoudre que de deux manières. Le premier scénario serait que les bénéfices des entreprises finissent par rattraper les promesses exagérées faites autour de l’IA, permettant aux valorisations de se justifier. Cependant, ce scénario semble de moins en moins probable, car les bénéfices réels peinent à suivre les attentes. Le second scénario, plus probable selon les observateurs, serait que le marché comble l’écart entre valorisation et productivité de la manière la plus douloureuse possible : par un krach boursier violent. Dans ce cas, les marchés pourraient connaître une correction brutale, similaire à celle de 1929, plongeant l’économie dans une crise profonde.
La situation actuelle rappelle celle de la Grande Dépression des années 1930, où une bulle spéculative avait éclaté après une période d’euphorie économique. Les économistes soulignent que les valorisations actuelles du S&P 500, avec un ratio *P/E* de 41, sont encore plus élevées que celles de 1929 (32,5). Cette comparaison alarmante suggère que si une correction devait survenir, elle pourrait être tout aussi dévastatrice. L’article évoque l’idée que la prochaine décennie pourrait offrir un aperçu de ce à quoi ressemblait le monde en 1930, avec des conséquences économiques et sociales potentiellement graves.

