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Guerre spatiale : comment la Chine et la Russie se préparent en secret à anéantir Starlink le moment venu

Presse-Citron · mis à jour 2 oct.

Des documents confidentiels dévoilent le plan établi par la Chine et la Russie pour neutraliser Starlink, jusqu'à envisager la destruction physique de ses satellites. La guerre spatiale prend un nouveau tournant..

Enquête secrète Russie-Chine

Une enquête conjointe menée par The Insider, Der Spiegel et Le Monde a révélé une coopération militaire secrète entre la Russie et la Chine, bien plus poussée qu’estimée auparavant. Cette investigation, basée sur des documents transmis anonymement, a débuté après la réception de quatre présentations PowerPoint issues du troisième Forum de coopération militaro-technique Russie-Chine, organisé à Ghanghzou en 2023. Un protocole de travail signé à Moscou en juin 2023 entre responsables militaires des deux pays a également été consulté. Ces documents couvrent des domaines stratégiques clés, dont la neutralisation du réseau Starlink de SpaceX, jugé stratégique par les deux puissances. La coopération entre les deux pays, officiellement lancée en 2020, est menée dans la plus grande discrétion.

Starlink, cible stratégique

Starlink est une constellation de satellites développée par SpaceX, l’entreprise d’Elon Musk, qui fournit un accès internet mondial depuis l’orbite basse. Avec plus de 10 000 satellites en orbite, elle joue un rôle clé dans les conflits modernes, notamment en Ukraine, où elle coordonne les évacuations médicales, guide les tirs d’artillerie et pilote des drones en temps réel. Son lien avec le Pentagone via le service Starshield en fait une cible prioritaire pour la Russie et la Chine. Ces dernières considèrent que Starlink impose un « blocus spatial » en orbite basse, justifiant une attaque comme une mesure de légitime défense. Son architecture distribuée, sans point central, la rend difficile à neutraliser par des moyens traditionnels.

Plan en trois niveaux

Le plan sino-russe pour contrer Starlink s’articule en trois niveaux. Le premier niveau est diplomatique : il vise à former une coalition internationale pour imposer des limites réglementaires à l’expansion de Starlink, en invoquant les risques de collision en orbite. Le deuxième niveau consiste à bloquer le système via des régulations et du brouillage électromagnétique. La Chine et la Russie déposeraient des demandes conjointes sur les fréquences et créneaux orbitaux critiques, tout en fusionnant leurs programmes anti-satellites pour créer un système commun capable de neutraliser Starlink dans des zones ciblées. Le troisième niveau prévoit la destruction physique du réseau, d’abord par des cyberattaques infiltrant des logiciels malveillants via les terminaux utilisateurs, puis par l’élimination des satellites à l’aide d’armes comme des billes métalliques ciblant les panneaux solaires.

Alternatives locales limitées

Face aux plus de 10 000 satellites de Starlink, les alternatives chinoises Guowang et Qianfan ne comptent que 350 à 380 satellites lancés, tandis que le projet russe Rassvet en compte une quarantaine. Ces chiffres illustrent l’écart technologique entre les puissances occidentales et sino-russes dans le domaine spatial. Malgré cet écart, la Chine et la Russie développent une coopération militaire renforcée, notamment dans les drones, les blindés et les systèmes de défense antiaérienne. Par exemple, la Chine utilise des batteries chinoises dans des drones russes équipés d’IA et de capteurs lidar, tandis que les pertes russes en Ukraine servent de base pour développer de nouveaux véhicules blindés.

Système anti-missile avancé

En juin 2023, la Russie et la Chine ont signé un protocole pour développer un système de défense antiaérienne et antimissile capable d’intercepter des missiles hypersoniques américains en phase terminale, c’est-à-dire juste avant qu’ils n’atteignent leur cible. Les objectifs de performance fixés dépassent ceux de l’armée russe, y compris le système S-500, considéré comme le plus avancé du pays. Cette coopération marque un rapprochement inédit entre les deux nations, avec un partage de technologies de défense qui inquiète l’Europe. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a qualifié la situation de « extrêmement préoccupante ».

Ce que ça pourrait changer

La coopération sino-russe va au-delà de la neutralisation de *Starlink*. Les deux pays échangent des technologies pour contourner les sanctions occidentales, notamment sur les semi-conducteurs. Par exemple, la Chine fournit des batteries pour des drones russes équipés d’IA, tandis que la Russie partage son expérience de combat en Ukraine pour développer de nouveaux blindés. Cette alliance technologique et militaire, encore en développement, vise à réduire la dépendance aux technologies occidentales et à renforcer la position géopolitique des deux pays face aux États-Unis. Les documents révèlent une planification conjointe sans précédent dans l’histoire récente.

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