Les médias américains organisent la riposte face à Trump
Les médias CNN, Politico et MS NOW poursuivent le gouvernement américain après avoir été exclus de la Maison-Blanche..
Donald Trump, président américain en fonction, a interdit l'accès à la Maison-Blanche à trois médias : la chaîne d'information en continu CNN, le site d'actualité MS NOW et le journal Politico. Cette décision, effective immédiatement, leur reproche de diffuser des informations «négatives» sur lui et de menacer la «sécurité nationale». Ces médias sont accusés d'avoir une couverture défavorable et répétée du président. Trump a menacé d'étendre ces exclusions à d'autres organes de presse qu'il qualifie de «propagateurs de fausses informations». Cette mesure s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre l'administration Trump et les médias, déjà observées lors de son premier mandat.
En réponse à cette interdiction, les cinq grandes chaînes de télévision américaines membres du pool télévisé de la Maison-Blanche (CNN, CBS, ABC, NBC et Fox) ont décidé de cesser leur participation à ce dispositif. Le pool télévisé est un groupe de médias qui se relaient pour couvrir les événements impliquant le président et redistribuer les images à l'ensemble des chaînes du pays. Cette solidarité inédite vise à protester contre l'exclusion de CNN, MS NOW et Politico. Par ailleurs, plusieurs médias photographes, dont l'AFP, le Washington Post et le New York Times, ont retardé la diffusion de leurs clichés jusqu'à minuit le lundi 20 septembre 2026 pour manifester leur soutien aux médias exclus.
Les trois médias exclus ont saisi la justice américaine pour contester cette décision. Ils demandent la suspension immédiate de l'interdiction, arguant que celle-ci viole le Premier amendement de la Constitution des États-Unis, qui garantit la liberté de la presse. Leur plainte souligne une «atteinte directe» et une «violation flagrante» des principes constitutionnels. L'affaire a été attribuée à un juge déjà saisi d'un cas similaire lors du premier mandat de Trump, Timothy Kelly, nommé par ce dernier. En 2018, ce juge avait déjà ordonné le rétablissement de l'accréditation d'un journaliste de CNN, Jim Acosta, après son retrait temporaire par la Maison-Blanche.
Cette crise survient dans un contexte politique tendu pour Donald Trump, alors que les élections législatives américaines de début novembre 2026 approchent. Le président est en difficulté en raison de l'inflation élevée, de la hausse du prix du carburant et de l'impopularité de la guerre en Iran, dont l'issue reste incertaine. Ces éléments contribuent à sa baisse de popularité. Trump, connu pour son usage intensif des réseaux sociaux comme *Truth Social*, a annoncé qu'il «ferait appel» contre la décision de justice, laissant entendre qu'il espérait une issue favorable. Il reste un consommateur avide de télévision et de photographies de presse, ce qui rend cette mobilisation des médias particulièrement significative.

