Les koalas ont frôlé l’extinction bien avant l’arrivée des premiers humains en Australie, selon une étude
Une analyse de la diversité génomique permettant de retracer plus de 100 000 ans d’histoire démographique révèle que les koalas ont subi un fort déclin démographique et ont frôlé la disparition bien avant l’arrivée des premiers humains modernes en Australie, il y a environ 65 000 ans. Alors qu’on pensait initialement que ce déclin est […] Cet article Les koalas ont frôlé l’extinction bien avant l’arrivée des premiers humains en Australie, selon une étude est apparu en premier sur Trust My Science..
Une étude récente révèle que les koalas, emblèmes de l'Australie, ont frôlé l'extinction bien avant l'arrivée des premiers humains sur le continent, il y a environ 65 000 ans. Cette découverte contredit l'idée reçue selon laquelle leur déclin serait principalement dû aux activités humaines, comme la déforestation ou la chasse. Les chercheurs ont analysé des fossiles et des données génétiques pour retracer l'histoire évolutive de ces animaux. Les résultats montrent que leur population a connu des fluctuations majeures bien avant l'intervention de l'homme, suggérant que des facteurs naturels, comme les changements climatiques ou les épidémies, ont joué un rôle clé dans leur survie.
Pour parvenir à cette conclusion, les scientifiques ont combiné plusieurs approches. D'une part, ils ont étudié des fossiles de koalas datant de plusieurs milliers d'années, permettant de reconstituer leur répartition géographique et leur abondance passée. D'autre part, ils ont analysé l'ADN de koalas modernes et anciens pour comprendre comment leur diversité génétique a évolué au fil du temps. Cette méthode, appelée génétique des populations, permet de mesurer les goulots d'étranglement (bottlenecks), c'est-à-dire des périodes où une espèce voit sa population drastiquement réduite, ce qui augmente les risques d'extinction. Les données indiquent que les koalas ont subi au moins deux épisodes majeurs de réduction de leur population avant l'arrivée des humains.
Les chercheurs estiment que les variations climatiques ont été un facteur déterminant dans le déclin des koalas. Il y a environ 30 000 ans, l'Australie a connu une période de sécheresse prolongée, associée à une baisse des températures. Ces conditions ont probablement réduit la quantité et la qualité des feuilles d'eucalyptus, leur principale source de nourriture. Les eucalyptus sont des arbres très sensibles aux changements climatiques : une baisse des précipitations ou une augmentation des températures peut altérer leur croissance et leur teneur en nutriments. Les koalas, très spécialisés dans leur alimentation, ont donc été particulièrement vulnérables à ces transformations de leur habitat.
En plus des facteurs environnementaux, les scientifiques évoquent la possibilité que des maladies aient joué un rôle dans le déclin des koalas. Bien que les preuves directes manquent, certaines hypothèses suggèrent que des pathogènes (micro-organismes responsables de maladies) ont pu affaiblir les populations de koalas à des périodes clés. Par exemple, des épidémies de Chlamydia, une bactérie connue pour provoquer des infections oculaires et génitales chez les koalas modernes, pourraient avoir existé bien avant l'arrivée des humains. Ces maladies auraient pu se propager plus facilement lors des périodes de stress écologique, comme les sécheresses, aggravant encore la situation des koalas.
Cette étude remet en question certaines stratégies de conservation actuelles des koalas, qui se concentrent principalement sur la protection contre les activités humaines. Bien que ces menaces restent réelles et urgentes, les résultats soulignent l'importance de prendre en compte les facteurs naturels dans les plans de sauvegarde. Par exemple, la restauration des habitats et la gestion des ressources en eau pourraient aider à atténuer les effets des changements climatiques futurs. Les chercheurs appellent à une approche plus holistique, intégrant à la fois les menaces historiques et contemporaines pour assurer la survie à long terme de cette espèce emblématique.

