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Après avoir fait leurs besoins les chiens envoient un message à leurs congénères sans que nous le remarquions

Science & Vie · mis à jour il y a 10 j

On croit souvent que les chiens grattent le sol par pur réflexe, sans y penser. Ce geste banal cache pourtant une intention bien plus fine.

Communication canine invisible

Les chiens communiquent entre eux de manière subtile et souvent imperceptible pour les humains après avoir fait leurs besoins. Cette découverte révèle que leurs déjections ne servent pas uniquement à éliminer des déchets, mais aussi à transmettre des informations essentielles à leurs congénères. Les chercheurs ont identifié que les chiens déposent des substances chimiques spécifiques dans leurs urines ou leurs excréments, agissant comme des phéromones (molécules chimiques émises par un individu et perçues par d’autres de la même espèce). Ces signaux olfactifs permettent d’échanger des données sur leur identité, leur statut social, leur état de santé ou même leur disponibilité pour la reproduction. Cette communication chimique est particulièrement développée chez les canidés, comme les chiens, les loups ou les renards, qui vivent en groupes structurés. Elle complète d’autres formes de communication, comme les aboiements ou les postures corporelles.

Rôle des odeurs dans la meute

Les odeurs laissées par les chiens après leurs besoins jouent un rôle central dans la cohésion des groupes canins. Lorsqu’un chien marque son territoire avec ses urines ou ses excréments, il dépose des molécules qui persistent dans l’environnement pendant plusieurs heures, voire plusieurs jours. Ces signaux permettent aux autres chiens de reconstituer une « carte olfactive » du territoire, indiquant par exemple qu’un individu dominant est passé récemment ou qu’une femelle est en chaleur. Les scientifiques parlent de marquage olfactif pour décrire ce phénomène. Ce système de communication est particulièrement utile pour éviter les conflits entre individus ou pour faciliter les rencontres entre partenaires potentiels. Il permet aussi aux chiens errants ou sauvages de partager des informations vitales sans avoir à se croiser physiquement.

Différences avec les humains

Contrairement aux humains, qui privilégient la vue et l’ouïe pour communiquer, les chiens dépendent massivement de leur odorat. Leur nez compte environ 300 millions de récepteurs olfactifs (contre 5 à 6 millions chez l’humain), ce qui leur permet de détecter des odeurs à des concentrations extrêmement faibles. Par exemple, un chien peut identifier une molécule spécifique dans un milliard de molécules d’air. Cette sensibilité explique pourquoi les chiens réagissent si fortement aux odeurs laissées par leurs congénères. Les humains, en revanche, ne perçoivent généralement que des odeurs très fortes ou très fraîches, comme celles de l’ammoniaque dans l’urine. Les chiens utilisent donc ce système de communication chimique pour échanger des informations que nous ne pouvons tout simplement pas capter.

Implications pour les propriétaires

Cette découverte a des conséquences pratiques pour les propriétaires de chiens. Elle explique pourquoi certains chiens reniflent longuement les traces d’urine ou d’excréments laissées par d’autres chiens lors des promenades. Ces comportements ne sont pas anodins : ils permettent au chien de recueillir des informations sur son environnement social. Les propriétaires peuvent aussi utiliser cette connaissance pour mieux comprendre les réactions de leur animal. Par exemple, un chien qui marque fréquemment son territoire peut chercher à affirmer sa dominance ou à signaler sa présence à d’autres chiens. À l’inverse, un chien qui évite de marquer peut indiquer un stress ou une soumission. Cette compréhension peut aider à adapter les interactions avec son animal ou à gérer des situations conflictuelles entre chiens.

Ce que ça pourrait changer

Les recherches sur la communication chimique chez les chiens sont encore en cours, et de nombreuses questions restent sans réponse. Les scientifiques tentent notamment de décrypter le « langage » olfactif des chiens en identifiant les molécules spécifiques impliquées dans chaque type de message. Par exemple, certaines odeurs pourraient indiquer un état de santé particulier, comme une maladie ou une infection, tandis que d’autres pourraient signaler une émotion comme la peur ou l’excitation. Cependant, ces études sont complexes car elles nécessitent des équipements de pointe, comme des *chromatographes en phase gazeuse* (appareils qui séparent et analysent les composants chimiques d’un mélange). De plus, les odeurs perçues par les chiens peuvent varier selon des facteurs environnementaux, comme la température ou l’humidité, ce qui complique leur interprétation.

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