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L’Iran épargné par les bombardements américains pour la deuxième nuit consécutive

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 11 j

Des médias américains évoquent un possible manque de munitions après bientôt cinq mois de guerre..

Deux nuits sans bombardements

Pour la deuxième nuit consécutive, aucun bombardement américain n’a été signalé en Iran dimanche à l’aube. Cette accalmie survient après deux semaines de frappes intensives, les plus importantes depuis le cessez-le-feu d’avril. Le porte-parole de l’armée iranienne, Mohammad Akraminia, a indiqué que l’Iran avait également interrompu ses opérations en raison de sa stratégie basée sur la riposte. Cette pause intervient alors que des médias américains évoquent un possible manque de munitions après près de cinq mois de conflit. Le président américain Donald Trump avait pourtant laissé entendre vendredi que des bombardements encore plus massifs pourraient être envisagés. Cette situation contraste avec la tension persistante dans la région, où le conflit entre l’Iran et les États-Unis, alliés à Israël, continue de faire rage.

Dialogue et menaces

Donald Trump a affirmé que le dialogue avec l’Iran n’était pas rompu, tout en maintenant une posture menaçante. Il a déclaré que les dirigeants iraniens « deviennent de plus en plus sérieux au fil des jours », suggérant une possible ouverture aux négociations sous la pression des bombardements. Cependant, selon le New York Times, les États-Unis s’inquiètent de l’épuisement de leurs stocks de systèmes de défense, comme les missiles Patriot, qui protègent les pays du Golfe alliés de Washington. Ces équipements sont régulièrement ciblés par l’Iran en représailles aux attaques américaines. CNN a également rapporté que les opérations militaires contre l’Iran étaient en pause, évoquant une situation « difficile et instable » pour les États-Unis, qui chercheraient une nouvelle stratégie.

Blocus et détroit stratégique

La guerre, qui a débuté le 28 février, a déjà fait des milliers de morts et perturbé l’économie mondiale en bloquant le trafic dans le détroit d’Ormuz. Ce passage maritime, situé entre l’Iran et la péninsule arabique, voit transiter avant-guerre un cinquième du commerce mondial des hydrocarbures. L’Iran, qui contrôle ce détroit, a annoncé avoir repris son contrôle après la rupture d’un protocole d’accord signé le 17 juin avec Washington, prévoyant 60 jours de négociations. Six navires ayant tenté de le traverser sans autorisation ont été stoppés en 24 heures, et les États-Unis ont réimposé un blocus des ports iraniens en représailles. Cette situation aggrave les tensions économiques, déjà fragilisées par le conflit.

Nouveau front au Yémen

Un nouveau front s’est ouvert dans la guerre avec la reprise des hostilités entre l’Arabie saoudite et les rebelles Houthis du Yémen, soutenus par l’Iran. Ces derniers ont annoncé avoir abattu un drone saoudien dimanche. Les tensions ont été ravivées après qu’un avion iranien transportant une délégation houthiste a atterri à Sanaa sans l’autorisation de Ryad, déclenchant des frappes saoudiennes sur l’aéroport de la capitale yéménite. En réponse, les Houthis ont attaqué pour la première fois depuis 2022 le territoire saoudien, visant samedi des sites pétroliers. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a appelé au dialogue, estimant qu’il n’existe pas de solution militaire à ce conflit.

Ce que ça pourrait changer

Le conflit a déjà un coût économique majeur. Le secrétaire à la Défense américain estime que la guerre en Iran représente un coût de 37,5 milliards de dollars. Par ailleurs, le blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transitait 20 % du commerce mondial des hydrocarbures avant la guerre, a ébranlé l’économie mondiale. En Iran, malgré les tensions, la vie quotidienne semble suivre son cours normal à Téhéran, où les embouteillages et une vague de chaleur persistent. Cependant, la situation reste volatile, avec des risques d’escalade géographique, selon les mises en garde du porte-parole iranien Mohammad Akraminia.

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