La prédation économique des houthistes : taxes sur neuf ans, vols, et expropriations
Les villes récemment conquises par le groupe armé font l’expérience des pratiques que les houthistes appliquent déjà ailleurs au Yémen. Ils imposent des taxes exorbitantes, obligent les habitants à faire des “dons volontaires” et exproprient à grande échelle pour redistribuer les richesses à leur profit..
Les houthistes, une milice armée contrôlant des zones du Yémen depuis septembre 2026, exigent le paiement de taxes couvrant les neuf années précédentes dans les territoires conquis. Cette mesure, rapportée par le site local Al-Hudhud, vise des habitants et des entreprises qui avaient échappé à leur autorité pendant cette période. Les taxes sont présentées sous divers prétextes, comme la zakat (impôt islamique traditionnel basé sur un pourcentage des revenus ou des biens, généralement 2,5 % pour les musulmans) ou la participation à l’effort de guerre. Ces demandes financières, parfois accompagnées de dons en nature, s’ajoutent à des pressions économiques déjà existantes, aggravant la situation des populations locales déjà fragilisées par des années de conflit. Les montants exacts ne sont pas précisés dans l’article, mais cette pratique illustre une stratégie de prédation systématique des ressources dans les zones sous leur contrôle.
Les houthistes considèrent les territoires conquis comme des butins de guerre, selon le quotidien saoudien Asharq Al-Awsat. Cette vision justifie des opérations d’accaparement systématique de biens publics et privés, incluant des infrastructures essentielles. Par exemple, des panneaux photovoltaïques, sources d’énergie pour de nombreuses familles, sont démontés et emportés, privant les habitants d’électricité. De même, des équipements comme les Starlink (systèmes d’accès à Internet par satellite) sont saisis, coupant les populations d’un moyen de communication vital. Ces actes, rapportés par des médias locaux comme Aden Al-Ghad, aggravent les difficultés quotidiennes des Yéménites, déjà confrontés à des pénuries et à un isolement accru. L’article souligne que ces pratiques ne se limitent pas aux biens matériels, mais s’étendent à des biens immobiliers.
Dans certains cas, les houthistes procèdent à des expropriations forcées de logements, transformant ces biens en positions militaires. Un exemple tragique est rapporté par le média *Al-Masdar* : un propriétaire a été tué pour avoir refusé de céder sa maison dans la ville de Turbah, située au sud de Taëz. Ces expropriations, souvent brutales, illustrent une stratégie de contrôle territorial où la population locale est marginalisée au profit des miliciens. Le quotidien local décrit un *silence de cimetière* dans cette ville, reflétant l’atmosphère de peur et de désespoir qui règne parmi les habitants. Ces pratiques, combinées à des taxes et à des saisies, renforcent le pouvoir économique des houthistes tout en appauvrissant davantage les populations civiles.

