Haut les cœurs pour le climat
Agir face au dérèglement climatique et s’adapter : chaque semaine, les pistes de la presse étrangère..
El Niño est un phénomène naturel cyclique qui se produit dans l’océan Pacifique et qui influence le climat mondial. Il se caractérise par un réchauffement anormal des eaux de surface dans cette région, ce qui perturbe les courants atmosphériques et engendre des conditions météorologiques extrêmes à l’échelle planétaire. En 2026, l’épisode en cours est particulièrement intense, au point que certains scientifiques le qualifient de "El Niño Godzilla". Ce phénomène devrait provoquer des sécheresses, des vagues de chaleur, des précipitations intenses, des inondations et des tempêtes, dont la puissance sera amplifiée par le réchauffement climatique déjà en cours. Par exemple, le 14 septembre 2026, une forte houle liée à El Niño a détruit des maisons sur le front de mer à Dana Point, dans le sud de la Californie. Des médias comme Courrier international et des revues scientifiques comme Nature soulignent que cet événement pourrait servir d’outil pédagogique pour alerter le grand public sur les risques climatiques, en présentant ce phénomène comme une menace existentielle.
Une étude publiée par des chercheurs de l’université de Genève, analysant 71 études impliquant 216 000 participants, révèle que les stratégies de communication les plus efficaces pour sensibiliser au changement climatique ne reposent pas sur la transmission de données scientifiques, mais sur l’éveil des émotions. Les messages qui invoquent la responsabilité, comme "Il est de notre devoir d’agir", s’avèrent contre-productifs. À l’inverse, les récits qui suscitent la peur, la colère, l’enthousiasme ou l’émerveillement face à la nature, tout en montrant les menaces qui pèsent sur elle, sont plus engageants. Par exemple, comparer El Niño à un monstre permet de le présenter comme une menace existentielle, incitant ainsi le public à y prêter attention. Le psychologue Tobias Brosch, co-auteur de l’étude, résume cette approche en affirmant qu’il faut "créer un lien avec les gens". Le climatologue Tom Di Liberto confirme que présenter le changement climatique à travers les phénomènes extrêmes et leurs impacts socio-économiques pourrait devenir l’un des moyens les plus efficaces de communication.
Le mois d’août 2026 a été le plus chaud jamais enregistré à l’échelle mondiale, à égalité avec juillet 2023, selon les données du service météorologique de l’Union européenne, Copernicus. Cette annonce s’inscrit dans la continuité d’une série de records de température, reflétant l’aggravation du réchauffement climatique. Simon Stiell, secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, a commenté ces données en soulignant que "tout ceci est le prix de l’addiction de l’humanité aux combustibles fossiles et de la crise climatique qu’elle alimente". Ces records de chaleur illustrent l’urgence d’agir pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, responsables du dérèglement du climat. Les phénomènes comme El Niño, combinés à cette tendance de fond, aggravent les risques de catastrophes naturelles et de perturbations des écosystèmes.
Un rapport de l’ONG BirdLife International révèle que 45 % des espèces d’oiseaux migrateurs voient leurs populations diminuer, et que 11 % sont menacées d’extinction. Le changement climatique figure parmi les principales causes de ce déclin, en perturbant les habitats naturels et les couloirs de migration. Par exemple, les sécheresses prolongées, les vagues de chaleur ou les modifications des écosystèmes réduisent les ressources disponibles pour ces oiseaux. Stuart Butchart, directeur scientifique de l’ONG, explique au Guardian que des solutions existent pour protéger ces espèces, mais qu’elles doivent être mises en œuvre à grande échelle, notamment en préservant et en restaurant les couloirs de migration. Ces mesures sont essentielles pour éviter l’extinction de nombreuses espèces et maintenir l’équilibre des écosystèmes.
Plusieurs institutions financières majeures, dont la Banque mondiale, sont sur le point de renoncer à leurs *"objectifs verts"*, sous la pression politique et budgétaire, notamment aux États-Unis. En juin 2026, la Banque mondiale a déjà abandonné son engagement de consacrer 45 % de ses financements à des projets offrant des bénéfices climatiques. D’autres pays, comme le Royaume-Uni et l’Allemagne, pourraient suivre cette tendance en raison de contraintes budgétaires croissantes. Cette reculade menace les financements dédiés à la transition écologique et aux projets d’adaptation au changement climatique. Elle intervient dans un contexte où les besoins en investissements verts sont pourtant de plus en plus urgents, alors que les phénomènes climatiques extrêmes, comme El Niño, se multiplient et aggravent les risques pour les populations et les économies.

