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Géopolitique

L’université écossaise de St Andrews : trop snob et américanisée ?

Courrier International · mis à jour il y a 18 j

Une étudiante écossaise a annoncé sur LinkedIn quitter la prestigieuse université à cause du classisme de ses camarades. Une situation qui fait réagir et que “The Guardian” et “The National” tentent d’expliquer..

Une polémique étudiante

Une étudiante écossaise, Sophie Rose Jenkins, a annoncé sur le réseau professionnel LinkedIn qu’elle quittait l’université de St Andrews, en Écosse, en raison du classisme (discrimination basée sur l’origine sociale) dont elle aurait été victime. Cette publication a suscité une vive réaction dans la presse britannique, notamment dans les journaux The Guardian et The National. L’étudiante, bénéficiaire d’une bourse, a expliqué que son départ était lié au mépris de classe de certains de ses camarades, ce qui a mis en lumière des tensions croissantes au sein de cette université prestigieuse.

Un modèle économique contesté

L’université de St Andrews, fondée en 1413, est l’une des plus anciennes et des plus renommées du Royaume-Uni. Cependant, son modèle économique suscite des débats. Les étudiants américains, qui représentent environ un cinquième des effectifs en premier cycle, paient des frais de scolarité élevés : 33 250 livres sterling par an, soit plus du triple des frais demandés aux étudiants britanniques. En Écosse, les étudiants locaux bénéficient d’un système de gratuité partielle, plafonnée à environ 30 % des effectifs. Ces différences financières alimentent des critiques sur une possible américanisation de l’université, avec l’émergence de traditions jugées élitistes (dîners de gala, bals, sociétés secrètes) et une consommation ostentatoire (boutiques de luxe, cafés branchés).

Des tensions sociales révélées

Les critiques ne visent pas seulement le modèle économique, mais aussi l’ambiance sociale au sein de l’université. Certains étudiants écossais dénoncent un changement des traditions locales au profit d’une culture plus proche des universités américaines, perçue comme snob et élitiste. Par exemple, des activités comme les défilés de mode ou les boutiques de décoration intérieure de luxe contrastent avec l’image traditionnelle de St Andrews. En 2024, des plaintes similaires avaient déjà poussé l’université d’Édimbourg à publier des recommandations pour lutter contre le classisme (discrimination sociale) parmi ses étudiants.

Réactions officielles et limites

Niall Scott, vice-recteur chargé de la communication à St Andrews, a réagi aux accusations en soulignant que l’université accueille des étudiants de 130 pays différents. Il a affirmé que St Andrews restait une institution écossaise, fondée par des Écossais, et que les étudiants locaux étaient au cœur de sa mission. Cependant, il a reconnu que le classisme n’était pas un problème spécifique à St Andrews, mais un enjeu sociétal plus large, qui prendrait racine dès le milieu scolaire ou familial. Cette réponse met en lumière les limites des actions universitaires pour résoudre des problèmes structurels.

Ce que ça pourrait changer

Le débat autour de St Andrews s’inscrit dans un contexte plus large de difficultés financières pour les universités écossaises. Le modèle de financement, qui repose en partie sur les frais payés par les étudiants étrangers, notamment américains, est fragilisé par les tensions sociales et les critiques sur l’équité. Ces enjeux soulèvent des questions sur l’avenir des universités traditionnelles en Écosse, entre préservation de leur héritage et adaptation aux attentes d’une clientèle internationale. La polémique actuelle illustre les défis posés par cette dualité.

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