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Géopolitique

Le 11 Septembre dans “Courrier international”, d’Art Spiegelman à Orhan Pamuk

Courrier International · mis à jour il y a 9 j

Au lendemain des attentats qui ont changé le monde il y a vingt-cinq ans, notre magazine a traduit des textes forts, notamment ceux d’écrivains du monde entier. Depuis, “Courrier international” s’est souvent penché sur les conséquences du 11 septembre 2001.

Réactions mondiales immédiates

Deux jours après les attentats du 11 septembre 2001, Courrier international a publié un numéro spécial compilant des réactions du monde entier. Parmi elles, celle de Sergueï Kopylov, journaliste russe du quotidien Rossia, qui y prédisait dès le 13 septembre 2001 que le XXIe siècle ne serait pas, comme le pensait George H.W. Bush (père), celui de l’humanisme triomphant, mais plutôt marqué par des conflits et des désillusions. Ce numéro a marqué la volonté du magazine de donner la parole à des voix internationales dès les premiers jours suivant les attentats, montrant ainsi l’impact global de cet événement. Les unes du 13 septembre 2001 illustraient cette diversité de perspectives, avec des titres comme Vu de Russie : la fin du rêve américain.

Art Spiegelman et la BD

En septembre 2003, pour le deuxième anniversaire des attentats, Courrier international a consacré une couverture à Art Spiegelman, célèbre auteur de Maus, une bande dessinée historique sur l’Holocauste. Spiegelman a choisi de traiter les attentats du 11 septembre sous forme de feuilleton en BD, publié dans les colonnes du magazine. Les deux dernières planches de cette série sont parues dans un numéro spécial sur l’Amérique, deux ans après les événements. Cette approche graphique a permis d’aborder un sujet traumatisant avec une distance artistique, tout en rendant hommage aux victimes. Spiegelman, déjà reconnu pour son travail sur la mémoire historique, a ainsi montré que le 9/11 pouvait aussi être un sujet de réflexion artistique.

Anniversaires et analyses

Le magazine a régulièrement marqué les anniversaires des attentats avec des numéros spéciaux. En 2006, cinq ans après le 11 septembre, un grand dossier a été publié pour analyser les conséquences à moyen terme. En 2011, pour le dixième anniversaire, la une était consacrée aux relations entre l’islam et l’Occident, un thème devenu central dans les débats internationaux après les attentats. Enfin, en 2021, vingt ans après les événements, Courrier international a interrogé la notion de fin du siècle américain, en lien avec le désastreux retrait des troupes américaines d’Afghanistan sous la présidence de Joe Biden. Ces numéros montrent une évolution dans la perception des attentats, passant d’une réaction immédiate à une analyse plus large de leurs impacts géopolitiques.

Textes marquants d’écrivains

Parmi les contributions les plus notables publiées par Courrier international, on trouve des textes d’écrivains renommés. John Updike, romancier américain, a décrit son expérience du 11 septembre depuis Brooklyn dans The New Yorker, évoquant une intimité factice avec l’événement, comme s’il l’observait à travers un écran de télévision. Orhan Pamuk, Prix Nobel de littérature turc, a partagé sa réflexion depuis Istanbul, soulignant que les attentats avaient révélé la voix des humiliés du monde, sans sympathie pour l’Amérique. Wole Soyinka, autre Prix Nobel nigérian, a quant à lui analysé la montée de la peur dans le monde bien avant le 11 septembre. Ces textes illustrent comment des auteurs ont cherché à donner un sens à un événement qui a marqué l’histoire contemporaine.

Guerres et conséquences géopolitiques

Les attentats du 11 septembre ont entraîné une série de réactions militaires majeures. Dès 2001, les États-Unis ont lancé des opérations en Afghanistan, puis en Irak en 2003, marquant le début d’une ère de conflits prolongés. En 2011, The Washington Post analysait comment ces guerres avaient plongé l’Amérique dans une guerre perpétuelle, sans victoire claire ni paix durable. Vingt ans plus tard, en 2021, le retrait chaotique des troupes américaines d’Afghanistan a été interprété par certains comme le signe d’une fin du siècle américain, mettant fin à une période de domination mondiale des États-Unis. Ces événements ont profondément transformé les équilibres géopolitiques mondiaux.

Ce que ça pourrait changer

Les attentats du 11 septembre ont posé un défi aux écrivains américains, qui ont tenté d’en rendre compte dans leurs œuvres. Don DeLillo, Jay McInerney et d’autres ont abordé le sujet, mais selon *Prospect*, ces tentatives ont souvent échoué à capturer la complexité de l’événement. De même, en 2021, George Packer dans *The Atlantic* a décrit le 11 septembre comme un *sombre avertissement* pour le XXIe siècle, annonçant une ère de troubles et de désastres. Ces réflexions montrent que le 9/11 reste un événement difficile à appréhender, tant sur le plan littéraire que mémoriel, en raison de son ampleur et de ses conséquences durables.

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