Au temps des dinosaures, ce gigantesque reptile marin vomissait probablement les coquilles d'invertébrés qu'il gobait
Au Jurassique, certains reptiles marins rejetaient les coquilles qu’ils ne digéraient pas. Retrouvé 160 millions d’années plus tard, ce vomi de plésiosaure révèle à la fois leur régime et leurs déplacements..
Il y a environ 250 à 66 millions d’années, à l’époque des dinosaures, vivait un reptile marin géant appelé mosasaure. Ces créatures, qui pouvaient atteindre jusqu’à 18 mètres de long, étaient des prédateurs redoutables des océans. Les mosasaures appartenaient au groupe des squamates, comme les serpents et les lézards modernes. Leur anatomie, adaptée à la vie aquatique, incluait des nageoires et une queue puissante pour se propulser dans l’eau. Leur régime alimentaire se composait principalement de poissons, de calmars et d’autres invertébrés marins, qu’ils capturaient grâce à des mâchoires puissantes et des dents coniques.
Les scientifiques ont longtemps supposé que les mosasaures avalaient leurs proies entières, comme le font certains reptiles marins actuels. Cependant, une étude récente suggère une méthode de digestion différente. Selon les chercheurs, ces reptiles marins pourraient avoir rejeté les coquilles des invertébrés qu’ils consommaient, comme les ammonites (des mollusques marins à coquille spiralée aujourd’hui disparus), en les vomissant. Cette hypothèse s’appuie sur l’analyse de fossiles et de traces de digestion. Les coquilles, difficiles à digérer, auraient été éliminées pour éviter d’endommager leur système digestif.
Les preuves de cette théorie proviennent de l’étude de fossiles de mosasaures et de leurs contenus stomacaux. Les chercheurs ont découvert des accumulations de coquilles d’ammonites et d’autres invertébrés dans des zones spécifiques du corps de ces reptiles, souvent près de l’estomac. Ces accumulations suggèrent que les coquilles étaient regroupées avant d’être rejetées. De plus, des traces de régurgitation ont été identifiées sur certains fossiles, confirmant que ces animaux pouvaient vomir des matières non digestibles. Ces observations permettent de mieux comprendre leur comportement alimentaire.
Pour valider cette hypothèse, les scientifiques comparent les mosasaures à des animaux modernes aux régimes alimentaires similaires. Par exemple, certains oiseaux marins, comme les pélicans ou les cormorans, avalent des proies entières mais régurgitent les parties non digestibles, comme les os ou les arêtes. Cette stratégie leur permet de maximiser l’apport nutritionnel tout en évitant des problèmes digestifs. Les mosasaures auraient adopté une méthode comparable, adaptée à leur environnement océanique et à leurs proies.
Cette découverte modifie la compréhension des écosystèmes marins du Crétacé, période durant laquelle les *mosasaures* dominaient les océans. Elle montre que ces reptiles avaient des stratégies alimentaires sophistiquées, bien plus complexes que ce que l’on imaginait. En étudiant leurs fossiles, les paléontologues peuvent désormais reconstituer plus précisément leur rôle dans la chaîne alimentaire. Cette étude ouvre également des pistes pour comprendre comment d’autres reptiles marins géants, comme les *ichtyosaures*, géraient leur digestion.

