À l’approche du référendum en Alberta, séparatistes et fédéralistes en mode séduction
Le mouvement séparatiste a tenu un rassemblement à Edmonton, tandis que le NPD a lancé une tournée à Calgary..
Dans moins de deux mois, les habitants de l'Alberta, une province du Canada située à l'ouest du pays, seront appelés à voter lors d'un référendum. Ce vote portera notamment sur la relation future entre l'Alberta et le reste du Canada. Un référendum est une consultation populaire où les citoyens expriment leur avis sur une question précise, ici l'indépendance ou le maintien dans la fédération canadienne. L'Alberta, riche en ressources naturelles comme le pétrole, est depuis longtemps un territoire où les tensions avec le gouvernement fédéral sur la gestion des ressources et des politiques économiques sont fréquentes. Ce référendum est donc un événement politique majeur pour cette province de plus de 4,6 millions d'habitants.
Un groupe appelé Alberta Prosperity Project organise des rassemblements pour promouvoir l'indépendance de l'Alberta. Lors d'un événement récent à Edmonton, devant l'Assemblée législative de la province, des centaines de personnes ont manifesté avec des drapeaux albertains pour exiger une séparation d'avec le Canada. Le chef de ce mouvement, Mitch Sylvestre, affirme que le sentiment anti-fédéral grandit en raison du traitement perçu comme inéquitable d'Ottawa, la capitale fédérale. Il souligne que des obstacles logistiques, comme le refus de louer des espaces publics à Calgary pour leurs rassemblements, rendent leur mobilisation plus difficile. Par exemple, des lieux comme la Place Rogers, le Centre de convention ou le stade du Commonwealth leur ont été refusés.
Les manifestants séparatistes expriment des frustrations économiques. Dennis Gieck, un participant ayant travaillé 60 ans dans l'industrie pétrolière, dénonce les taxes imposées par Ottawa et l'annulation de projets d'investissement en Alberta. Il critique l'absence de pouvoirs provinciaux pour développer des projets autonomes. Ces revendications reflètent un mécontentement plus large envers les politiques fédérales perçues comme défavorables à l'économie albertaine, notamment dans le secteur énergétique. Le pétrole est une ressource clé pour cette province, et les tensions autour de son exploitation et de sa taxation sont un sujet récurrent.
En parallèle, le Nouveau Parti démocratique (NPD) albertain, un parti politique provincial, mène une campagne pour défendre le maintien de l'Alberta dans le Canada. Sous le slogan « Ralliez le vote pour le Canada », le chef du NPD, Naheed Nenshi, organise une tournée à travers la province avec une douzaine de rassemblements prévus. Nenshi rappelle que le sentiment anti-fédéral existe depuis longtemps en Alberta, mais insiste sur la nécessité de gagner le référendum pour préserver l'unité canadienne. Il a récemment demandé l'annulation du référendum, une proposition rejetée par la première ministre albertaine Danielle Smith.
Les partisans du fédéralisme, comme Ross Rigby, un militant, soulignent que diviser le Canada n'est pas dans l'esprit du pays, qui est perçu comme une nation unie et démocratique. Ils estiment que l'unité est essentielle pour faire face aux défis communs, comme les tensions commerciales avec les États-Unis. Par exemple, Naheed Nenshi a évoqué les nouveaux tarifs de douane américains comme une raison supplémentaire de rester dans le Canada, bien que cette position n'ait pas convaincu la première ministre albertaine. Le NPD mise sur un fort esprit communautaire et la valeur d'une fédération pour convaincre les Albertains de voter contre l'indépendance.
L'article mentionne une alliance inattendue entre deux figures politiques albertaines opposées sur le référendum : Jason Kenney, ancien premier ministre conservateur, et Rachel Notley, cheffe du NPD provincial. Tous deux s'opposent à l'indépendance et travaillent ensemble pour promouvoir le fédéralisme. Cette alliance montre que, malgré leurs différences idéologiques, certains acteurs politiques priorisent la stabilité de la province au sein du Canada. Le référendum intervient dans un contexte où les relations entre l'Alberta et Ottawa sont tendues, notamment sur des questions économiques et de partage des ressources.
Plus de 175 000 demandes de vote par correspondance ont été enregistrées pour le référendum, ce qui indique un intérêt marqué des Albertains pour ce scrutin. Le vote par correspondance permet aux électeurs de voter à distance, souvent par courrier, ce qui est pratique pour une province aussi étendue que l'Alberta. Cette modalité de vote est particulièrement utile pour les personnes vivant dans des zones éloignées des centres urbains, comme les communautés rurales ou les régions nordiques. Elle facilite aussi la participation des Albertains qui voyagent ou travaillent à l'extérieur de la province.

