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Géopolitique

Accusations de “discrimination raciale” contre l’Afrique du Sud : Washington prend de nouvelles sanctions

Courrier International · mis à jour il y a 4 j

Les États-Unis ont annoncé, mardi 15 septembre, des restrictions de visa contre les Sud-Africains qui se seraient rendus “responsables ou complices” d’une “discrimination raciale”, notamment envers les Afrikaners. Ce type d’accusations a déjà provoqué de fortes tensions entre les deux pays..

Sanctions américaines

Les États-Unis ont annoncé le 15 septembre 2026 de nouvelles restrictions de visas à l’encontre de responsables sud-africains. Ces mesures visent les personnes accusées de discrimination raciale envers la minorité afrikaner, un groupe d’origine européenne installé en Afrique du Sud depuis plusieurs siècles. Selon le communiqué de l’ambassade américaine en Afrique du Sud, ces restrictions s’appliquent également aux individus impliqués dans des saisies de terres non indemnisées. Ces décisions s’inscrivent dans le cadre d’un décret signé en février 2025 par le président américain Donald Trump, visant à sanctionner les actions jugées répréhensibles de l’Afrique du Sud. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a justifié ces mesures en évoquant des crimes à caractère racial et une discrimination institutionnalisée subie par les Afrikaners et d’autres minorités.

Causes du conflit

Les tensions entre les États-Unis et l’Afrique du Sud trouvent leur origine dans des politiques sud-africaines perçues comme discriminatoires. Marco Rubio, secrétaire d’État américain, a critiqué le gouvernement sud-africain pour son absence de réponse aux préoccupations américaines. Il a notamment évoqué une croisade raciale revancharde contre la minorité afrikaner, accusant Pretoria de saccager son économie en ciblant cette communauté. Les États-Unis reprochent à l’Afrique du Sud des saisies de terres sans compensation, une pratique qui affecte particulièrement les propriétaires terriens afrikaners. Ces accusations ont déjà provoqué des frictions diplomatiques entre les deux pays, notamment lors d’une rencontre entre Donald Trump et le président sud-africain Cyril Ramaphosa en mai 2025 à la Maison-Blanche.

Réactions et enjeux

Les nouvelles sanctions américaines contre l’Afrique du Sud risquent d’aggraver les relations déjà tendues entre les deux pays. Marco Rubio a souligné que les États-Unis restent profondément préoccupés par la situation des Afrikaners, une minorité blanche d’environ 6 millions de personnes en Afrique du Sud. Ces restrictions de visas pourraient limiter les déplacements des responsables sud-africains aux États-Unis et compliquer les échanges diplomatiques. L’Afrique du Sud, quant à elle, n’a pas encore réagi officiellement à cette annonce, mais ces mesures pourraient avoir des répercussions économiques et politiques dans un contexte déjà marqué par des tensions internes. Les États-Unis justifient leur position par la nécessité de protéger les minorités et de lutter contre les discriminations raciales.

Ce que ça pourrait changer

L’Afrique du Sud a une histoire complexe liée aux questions raciales, marquée par l’apartheid, un système de ségrégation institutionnalisée en vigueur de 1948 à 1994. Depuis la fin de l’apartheid, le pays a mis en place des politiques de *réparation* et de *redistribution des terres* pour corriger les inégalités héritées de cette période. Cependant, ces politiques sont parfois critiquées pour leur impact sur les minorités blanches, comme les Afrikaners, qui possèdent une partie importante des terres agricoles. Les États-Unis, en ciblant ces politiques, s’immiscent dans un débat interne sud-africain déjà sensible, ce qui pourrait exacerber les divisions sociales et politiques dans le pays.

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