Rester au Royaume-Uni, le nouveau bon plan ?
Le “Times” publie deux articles qui bousculent les idées reçues sur le coût de la vie de part et d’autre de la Manche. De quoi refroidir les envies de départ..
En 2026, le Times révèle un phénomène inattendu : de jeunes Britanniques, partis s’installer en Europe continentale ou aux États-Unis pour des raisons financières, rentrent massivement au Royaume-Uni. Parmi eux, Kingsley Jones, 28 ans, a quitté Madrid après 18 mois, malgré un mode de vie agréable, car il a subi la concurrence des travailleurs locaux très qualifiés et n’avait plus les moyens de financer ses loisirs. De même, Jessica Fortune est revenue de Lituanie, où elle appréciait un coût de la vie bas, mais souffrait de l’éloignement familial. Ces retours s’expliquent souvent par des raisons personnelles, comme le souhait de se rapprocher de sa famille ou de retrouver un environnement culturel familier. Le quotidien souligne aussi que la pression fiscale au Royaume-Uni est perçue comme moins élevée qu’ailleurs, ce qui rend le retour financièrement attractif.
Une étude de la banque Bunq, citée par le Times, compare le coût de la vie dans 75 grandes villes mondiales. Elle révèle que des villes britanniques comme Bristol et Brighton, souvent perçues comme abordables, sont en réalité plus chères que des métropoles européennes comme Paris, Berlin ou Stockholm. Par exemple, un salaire annuel de 2 268 livres sterling (environ 2 640 euros) à Bristol permettrait de vivre à Paris dans le style d’Emily in Paris. Cette étude met en lumière l’évolution des prix dans ces villes britanniques, boostées par l’afflux de télétravailleurs et de jeunes familles pendant la pandémie de Covid-19. Le coût de la vie y a ainsi augmenté, réduisant leur attractivité initiale.
Le retour des expatriés britanniques s’explique aussi par des avantages concrets du Royaume-Uni par rapport à d’autres pays. Les témoignages montrent que la pression fiscale y est jugée moins forte qu’en Scandinavie, en Allemagne ou en Australie. De plus, les Britanniques revenus des États-Unis ou d’Europe continentale soulignent des économies réalisées sur leur budget. Par ailleurs, le Royaume-Uni offre une proximité culturelle et linguistique, ainsi qu’un accès facilité aux services publics et à la santé, ce qui n’est pas toujours le cas à l’étranger. Ces éléments rendent le pays plus attractif pour ceux qui cherchent à concilier qualité de vie et stabilité financière.
L’article du Times insiste sur le fait que le coût de la vie n’est pas le seul critère influençant les choix de vie des expatriés. Les raisons familiales, comme le souhait de rester proche de ses parents ou grands-parents vieillissants, jouent un rôle majeur. Jessica Fortune, par exemple, a choisi de revenir au Royaume-Uni pour cette raison, malgré un coût de la vie plus élevé en Lituanie. De même, l’intégration sociale et culturelle est un facteur clé : certains expatriés se sentent isolés ou ne parviennent pas à s’adapter à leur nouveau pays, ce qui les pousse à rentrer. Ces témoignages montrent que les motivations sont multiples et varient selon les individus.
L’article du *Times* aborde indirectement l’impact du Brexit sur les choix de vie des Britanniques. Depuis la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne en 2020, les opportunités professionnelles et les conditions de vie à l’étranger ont évolué pour de nombreux citoyens. Certains ont tenté leur chance en Europe continentale ou aux États-Unis, mais ont fait face à des obstacles comme la concurrence accrue sur le marché du travail ou des difficultés administratives. Le Brexit a aussi rendu les déplacements et les installations à l’étranger plus complexes, ce qui peut expliquer en partie le retour de certains expatriés au Royaume-Uni.

