En Russie, la victoire de l’AfD en Saxe-Anhalt est vue comme un “Waterloo politique” pour l’Allemagne
Avec près de 44 % des voix, l’AfD a frôlé la majorité absolue lors du scrutin du 6 septembre dans ce Land de l’est de l’Allemagne. En Russie, le succès de ce parti hostile à l’aide à l’Ukraine et favorable à un rapprochement avec Moscou est présenté comme un lourd revers pour Friedrich Merz..
Le 6 septembre 2026, le parti allemand d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) a remporté une victoire électorale majeure en Saxe-Anhalt, un État régional de l’est de l’Allemagne peuplé de 2 millions d’habitants. Avec près de 44 % des voix, l’AfD a frôlé la majorité absolue au Parlement régional, obtenant 39 sièges sur 83. Ce score, considéré comme historique, marque un tournant dans la politique allemande, car l’AfD y est désormais la première force politique. Ce parti est connu pour ses positions hostiles à l’aide militaire allemande à l’Ukraine et pour son souhait de rétablir des relations diplomatiques étroites avec la Russie. Cette victoire a été perçue comme un choc politique en Allemagne et en Europe.
En Russie, la presse pro-Kremlin a salué cette victoire de l’AfD comme un Waterloo politique pour l’Allemagne, en référence à la défaite historique de Napoléon Bonaparte en 1815. Plusieurs médias russes, comme Komsomolskaïa Pravda et Moskovski Komsomolets, ont analysé cette élection comme un revers pour le chancelier allemand Friedrich Merz et la CDU (Union chrétienne-démocrate), le parti traditionnel de droite. Les journaux russes ont évoqué la possibilité que les prochains scrutins régionaux en Allemagne, prévus le 20 septembre 2026 à Berlin et en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, aggravent encore la situation pour Merz, avec une possible référence à la bataille de Stalingrad (1942-1943), symbole d’une défaite allemande face à l’URSS.
L’AfD, parti classé à l’extrême droite, défend plusieurs positions controversées en Allemagne. Il réclame notamment l’arrêt immédiat de l’aide militaire et financière allemande à l’Ukraine, estimant que les fonds publics allemands devraient être utilisés pour des besoins nationaux plutôt que pour soutenir Kiev. Le parti prône également un rapprochement avec la Russie, une position qui contraste avec la politique actuelle de l’Allemagne, alignée sur les sanctions européennes contre Moscou. Cette victoire en Saxe-Anhalt, région de l’ex-Allemagne de l’Est, reflète une tendance plus large dans cette partie du pays, où l’AfD est devenue une force politique dominante.
Les médias russes ont interprété cette victoire comme une menace réelle pour l’Ukraine, car l’AfD s’oppose fermement à la politique allemande de soutien à Kiev. Les journaux pro-Kremlin ont repris les arguments de l’AfD selon lesquels les Allemands seraient fatigués de financer ce qu’ils qualifient de brillant avenir pour l’Ukraine, une expression ironique suggérant que l’aide occidentale ne produirait pas les résultats escomptés. Cette analyse russe souligne les tensions persistantes entre Moscou et Berlin, ainsi que le rôle central de l’Ukraine dans les relations internationales actuelles.
Friedrich Merz, chancelier allemand depuis 2025, incarne une ligne politique pro-européenne et atlantiste, soutenant à la fois l’OTAN et l’aide à l’Ukraine. Sa position est de plus en plus contestée, notamment dans les régions de l’ex-Allemagne de l’Est, où l’AfD gagne du terrain. La défaite de la CDU en Saxe-Anhalt, parti traditionnel de droite, est perçue comme un signe de déclin pour les forces politiques modérées en Allemagne. Les prochains scrutins régionaux, prévus le 20 septembre 2026, pourraient confirmer cette tendance et affaiblir davantage la position de Merz et de son gouvernement.

