Seize ans après le rachat de PriceMinister, Rakuten annonce la fermeture de son site en France
Rakuten ferme son site en France d'ici à la fin 2026, seize ans après avoir racheté PriceMinister. Une sortie discrète pour un site qui fut, un temps, le troisième acteur du e-commerce français..
Rakuten, géant japonais du e-commerce, a annoncé la fermeture de sa plateforme de vente en ligne en France d’ici la fin de l’année 2026. Cette décision concerne environ 180 salariés employés sur le site. L’entreprise justifie cet arrêt par l’échec des négociations avec des repreneurs potentiels, malgré des efforts prolongés pour céder l’activité. La fermeture porte spécifiquement sur la marketplace grand public, c’est-à-dire la partie du site où particuliers et professionnels vendent et achètent des produits neufs ou d’occasion, comme des téléphones reconditionnés ou des jeux vidéo. Rakuten précise que cette fermeture n’affecte pas ses autres activités en France, notamment les liseuses Kobo, rachetées en 2011.
La plateforme fermée par Rakuten était à l’origine PriceMinister, une entreprise française créée en 2001 spécialisée dans la vente entre particuliers et professionnels. En 2010, le géant japonais Rakuten l’a rachetée pour environ 200 millions d’euros, puis l’a rebaptisée sous son propre nom en 2018. À son apogée, PriceMinister/Rakuten était l’un des trois principaux acteurs du e-commerce en France, rivalisant avec des géants comme Amazon ou la Fnac, notamment sur le marché de l’électronique. Cependant, son influence a progressivement décliné face à une concurrence accrue et à l’évolution des habitudes d’achat en ligne.
Rakuten a subi de plein fouet la concurrence d’acteurs comme Amazon, qui domine le marché grâce à une logistique ultra-rapide, un catalogue de produits immense, des prix agressifs et une intégration verticale (de la production à la livraison). D’autres plateformes comme Joybuy, lancée par JD.com, ont également accentué la pression. Pour se différencier, Rakuten avait mis en place un système de cashback appelé Club R, qui permettait aux acheteurs de récupérer une partie de leur argent après un achat. Malgré cette initiative, la plateforme n’a pas réussi à inverser sa tendance de déclin, déjà observée dans d’autres pays européens. Par exemple, Rakuten avait fermé ses marketplaces au Royaume-Uni et en Autriche en 2016, en Allemagne en 2020, et en Espagne en 2016, avant une tentative avortée de retour en 2025.
La fermeture de Rakuten en France pose plusieurs questions immédiates pour ses utilisateurs. Les acheteurs devront se tourner vers d’autres plateformes pour leurs achats, comme Amazon, eBay ou des sites spécialisés. Cependant, des incertitudes subsistent concernant les commandes en cours, les garanties associées aux produits achetés, le service après-vente (SAV) et les *Rakuten Points*, un système de fidélité permettant d’obtenir des réductions ou des cadeaux. Pour les vendeurs professionnels dépendant de la plateforme, l’impact est bien plus lourd, car Rakuten jouait un rôle clé lors d’événements promotionnels majeurs, comme les soldes, où la plateforme proposait régulièrement des réductions agressives. Les alternatives existent, mais la transition pourrait être complexe pour certains acteurs.

