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La Régie des alcools, des courses et des jeux trop gourmande aux yeux de promoteurs

Le Devoir · mis à jour il y a 27 j

Les promoteurs québécois de sports de combat dénoncent la nouvelle grille tarifaire de la RACJQ..

Conflit sur les frais

Les promoteurs québécois de sports de combat, comme Eye of the Tiger Management (EOTTM) et New Era Promotions, critiquent la nouvelle grille tarifaire de la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec (RACJ). Selon eux, les frais de sanctions pour organiser des combats avec des ceintures de championnat ont été multipliés par près de trois, passant de 25 000 à 30 000 $ à 72 000 $ pour neuf titres en jeu, dont trois championnats du monde. Camille Estephan, président d’EOTTM, souligne que ces coûts supplémentaires rendraient impossible l’organisation de combats avec des ceintures, essentiels pour attirer des boxeurs de haut niveau et financer l’écosystème local. La RACJ justifie ces hausses par des difficultés budgétaires, mais les promoteurs estiment que la régie exagère, comparant ces frais à ceux pratiqués en Ontario, où les coûts sont cinq fois moins élevés.

Impact économique

Les promoteurs soulignent que la boxe professionnelle au Québec est déjà peu rentable, avec des galas attirant entre 500 et 600 spectateurs au Casino de Montréal. Yan Pellerin, président de New Era Promotions, rappelle que la RACJ perd des milliards dans d’autres projets comme Northvolt et SAAQclic, mettant en doute la légitimité de ces hausses. Il ajoute que la régie limite aussi l’organisation d’événements sur des réserves amérindiennes, comme Kahnawake ou Wôlinak, alors que ces territoires sont autorisés en Ontario ou en Alberta. Pellerin craint que ces restrictions ne poussent les promoteurs à organiser leurs événements dans d’autres provinces, privant le Québec d’une industrie dynamique et de revenus fiscaux.

Rôle des ceintures

Les ceintures de championnat (titres à l’enjeu) sont un élément central de la boxe professionnelle. Sans elles, les boxeurs ne peuvent pas progresser dans les classements mondiaux, ce qui réduit leurs opportunités de carrière et leur attractivité. Camille Estephan explique que des boxeurs comme Osleys Iglesias ou Artur Beterbiev ont choisi de s’entraîner au Québec précisément pour la possibilité d’obtenir des ceintures. Les combats avec ceintures génèrent aussi des revenus grâce aux droits de diffusion et aux billets, permettant de financer d’autres activités moins lucratives. La disparition de ces ceintures menacerait donc l’existence même de promoteurs comme EOTTM.

Réactions de la RACJ

La RACJ a mené une consultation publique jusqu’au 29 août 2025 sur ses projets de modifications réglementaires pour les sports de combat. Une porte-parole a indiqué que des ajustements seraient apportés à la suite des commentaires reçus, sans préciser leur nature. Isabelle Migneault, responsable des sports de combat à la RACJ, n’a pas été disponible pour des précisions. Les promoteurs, dont Estephan et Pellerin, ont été consultés et ont transmis leurs chiffres et arguments, espérant une révision des tarifs. La RACJ a reconnu une « ouverture » aux suggestions, mais les détails des ajustements restent inconnus à ce stade.

Ce que ça pourrait changer

La boxe professionnelle au Québec repose sur un modèle économique fragile où les combats avec ceintures, bien que peu nombreux (22 événements en 2025-2026 selon la RACJ), financent l’ensemble de l’écosystème. Sans ces combats, les promoteurs ne pourraient plus attirer des boxeurs de haut niveau ni organiser des événements rentables. Estephan insiste sur l’importance de la visibilité internationale du Québec, citant l’exemple de Christian Mbilli combattant en Arabie saoudite avec les drapeaux québécois, camerounais et français. La disparition des ceintures menacerait donc non seulement les promoteurs, mais aussi l’image et l’attractivité de la boxe québécoise à l’étranger.

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