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Géopolitique

Comment j’ai décidé de ne plus porter de soutien-gorge – et ce que cela m’a appris

Courrier International · mis à jour il y a 15 j

En Chine comme ailleurs, le regard masculin sur le corps des femmes structure largement les rapports sociaux dans l’espace public. La journaliste Lin Yu en a pris pleinement conscience quand elle a décidé de ne plus porter de soutien-gorge.

Origine du choix

La décision de ne plus porter de soutien-gorge est née en Chine, dans un contexte où le regard masculin influence fortement les interactions sociales dans l’espace public. La journaliste Lin Yu, auteure de l’article publié en août 2026 sur la plateforme Weixin (équivalent chinois de WeChat), explique que cette idée lui est venue lors de sa troisième année d’université. Un soir, pendant une répétition de théâtre, son petit ami a discrètement caché les bretelles blanches de son soutien-gorge visibles sous son tee-shirt noir. Ce geste anodin a suscité chez elle une prise de conscience : pourquoi ces bretelles doivent-elles être dissimulées ? Cette question s’est ajoutée à une autre anecdote de son adolescence, où une camarade de classe l’avait alertée sur le même problème. Lin Yu s’est alors interrogée sur la normalisation de cette pratique, alors que le port du soutien-gorge est universel chez les femmes.

Normes sociales en question

Lin Yu décrit comment les normes sociales, notamment en Chine, conditionnent le comportement des femmes autour du port du soutien-gorge. Elle évoque l’insistance de sa mère, lorsqu’elle était enfant, à cacher les sous-vêtements féminins (soutiens-gorge et culottes) sur la corde à linge, contrairement aux autres vêtements. Cette pratique reflète une forme de honte associée aux menstruations et à la sexualité féminine. En Chine, comme dans d’autres sociétés, le corps des femmes est souvent perçu à travers le prisme des attentes masculines, ce qui peut limiter leur liberté d’expression. La journaliste souligne que ces normes, bien que banales, renforcent des inégalités structurelles en imposant aux femmes de se conformer à des standards de pudeur ou de discrétion.

Expérience personnelle

Pour briser ces normes, Lin Yu a décidé de suspendre délibérément son soutien-gorge en vue sur la corde à linge, malgré les consignes de sa mère. Cette action symbolique marque le début de son rejet progressif du port de cet accessoire. Elle explique avoir ressenti une libération, notamment en réalisant que le soutien-gorge n’est pas un vêtement indispensable, mais un outil façonné par des conventions sociales. Son expérience s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’autonomie corporelle et la remise en question des attentes imposées aux femmes. En Chine, où les médias indépendants comme Weixin offrent un espace de débat, son témoignage a résonné auprès d’un public sensible aux questions de droits des femmes.

Plateforme et contexte

L’article a été publié en août 2026 sur Weixin, une plateforme de messagerie et de réseaux sociaux chinoise appartenant au groupe Tencent, qui compte plus d’un milliard d’utilisateurs. Weixin sert aussi de média alternatif en Chine, où la presse traditionnelle est soumise à une forte censure. La plateforme permet à des journalistes indépendants et à des blogueurs de partager des contenus critiques, tout en restant sous surveillance. Lin Yu a choisi cette plateforme pour toucher un public chinois, mais aussi international, grâce à la traduction de son article. Son récit illustre comment les réseaux sociaux peuvent devenir des outils de contestation des normes sociales, malgré les limites imposées par le pouvoir.

Ce que ça pourrait changer

Le témoignage de Lin Yu s’inscrit dans un mouvement plus large de remise en question des attentes genrées en Chine, où les espaces 100% féminins se multiplient pour répondre à des besoins de sécurité et de sororité. Son article a été partagé sur des plateformes comme *Weixin*, où les internautes signalent et relaient des contenus indépendants. Bien que la censure limite la diffusion de certains sujets, des sujets comme le féminisme ou l’autonomie corporelle trouvent un écho croissant. Lin Yu espère que son expérience encouragera d’autres femmes à questionner les normes qui pèsent sur leur quotidien, tout en soulignant que cette libération passe aussi par des choix individuels.

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