Un nouveau télescope qui voit grand dans l’espace
Le Nancy-Grace-Roman a un champ de vision 100 fois plus large que les télescopes Hubble et JWST..
Le 30 août dernier, la NASA a lancé le télescope spatial Nancy-Grace-Roman, nommé en hommage à l’astrophysicienne américaine Nancy Grace Roman (1925-2018), figure majeure du projet Hubble. Ce télescope rejoint le James Webb Space Telescope (JWST) à 1,5 million de kilomètres de la Terre. D’une envergure similaire à Hubble (miroir de 2,4 mètres de diamètre), il s’en distingue par son champ de vision exceptionnel : 100 fois plus large que celui de Hubble ou du JWST. Cette caméra infrarouge grand angle de 300 mégapixels permet d’observer des régions de l’espace bien plus vastes, facilitant la détection d’objets célestes à grande échelle.
Le Nancy-Grace-Roman est conçu pour être complémentaire aux télescopes existants. Contrairement à Hubble et au JWST, qui captent des détails précis sur de petites zones du ciel, ce nouveau télescope offre une vision panoramique. Il repère ainsi des régions d’intérêt que les autres instruments pourront ensuite étudier en détail. Par exemple, il peut identifier des galaxies lointaines ou des supernovæ, puis orienter le JWST vers ces cibles pour une analyse approfondie. Cette approche permet d’optimiser l’utilisation des ressources spatiales.
Environ 96 % de l’Univers est composé de matière sombre et d’énergie noire, deux phénomènes encore mal compris. Le Nancy-Grace-Roman devrait aider à élucider leur rôle en cartographiant de vastes portions de l’Univers. En observant des centaines de milliers de galaxies, il permettra d’étudier comment la matière sombre influence leur formation et leur mouvement. De plus, en détectant des supernovæ (explosions d’étoiles massives), il fournira des données sur l’expansion de l’Univers, liée à l’énergie noire. Ces observations pourraient révolutionner notre compréhension de la cosmologie.
Le télescope Nancy-Grace-Roman devrait multiplier par près de 16 le nombre d’exoplanètes connues, passant de 6 500 à environ 100 000. Grâce à son large champ de vision, il pourra repérer des centaines de millions d’étoiles et identifier des planètes similaires à la Terre. Il est équipé d’un coronographe, un instrument qui masque la lumière des étoiles pour révéler les planètes en orbite autour d’elles, comme lors d’une éclipse solaire. Ce dispositif permettra d’obtenir des images directes de ces exoplanètes, une première pour un télescope spatial.
Le télescope Hubble, en orbite depuis 36 ans, reste performant malgré la perte de deux de ses trois gyroscopes, essentiels pour son orientation. Il continue de fournir des données de haute qualité et collabore souvent avec le JWST. Cependant, son altitude diminue (passant de 580 km à 470 km), et il risque de se désintégrer dans l’atmosphère vers 2033. Une mission de sauvetage robotisée a été testée sur un autre télescope, mais a échoué. Les télescopes Nancy-Grace-Roman et JWST, situés à 1,5 million de kilomètres de la Terre, doivent périodiquement ajuster leur orbite pour éviter une descente similaire.
Grâce à un lancement précis, les télescopes *Nancy-Grace-Roman* et JWST ont économisé du carburant, prolongeant leur durée de vie d’environ 20 ans. Aucun de ces instruments n’est conçu pour être ravitaillé, mais des discussions sont en cours pour explorer cette possibilité. Leur carburant restant leur permettra de fonctionner pendant plusieurs décennies, à condition de maintenir leur orbite stable. Cette longévité accrue maximise leur potentiel scientifique.

