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Généraliste

Il est temps de parler d’éducation et d’universités, réclame le recteur de l’UQAM

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 10 j

Stéphane Pallage demande aux partis de se positionner sur les étudiants étrangers et le financement du réseau..

UQAM et Refus global

Stéphane Pallage, recteur de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), souligne l’importance historique de l’institution en mentionnant que son existence est liée au Refus global, un manifeste artistique et politique publié en 1948 par des artistes québécois, dont Françoise Sullivan, dernière signataire encore vivante. Selon lui, l’UQAM joue un rôle clé dans l’ascenseur social au Québec, c’est-à-dire qu’elle permet aux individus issus de milieux modestes d’accéder à des études supérieures et d’améliorer leur situation économique et sociale. L’UQAM est présentée comme un acteur public essentiel, intervenant sur les enjeux de société. Pallage rappelle que, lors des campagnes électorales, les questions d’éducation et d’enseignement supérieur sont souvent négligées, alors qu’elles devraient être prioritaires.

Démographie et étudiants internationaux

Stéphane Pallage met en lumière le lien entre la démographie vieillissante du Québec et la nécessité d’accueillir davantage d’étudiants internationaux. Il explique que ces étudiants contribuent à la croissance économique du Québec en comblant des besoins en main-d’œuvre et en dynamisant les milieux universitaires, où ils s’intègrent progressivement à la société québécoise. Par exemple, après trois ou quatre ans d’études à l’UQAM, un étudiant étranger est souvent considéré comme un futur Québécois. Cependant, le gouvernement de la Coalition Avenir Québec (CAQ) a récemment réduit l’accueil des étudiants internationaux en abolissant le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) à l’automne 2025 et en imposant des quotas. Ces mesures ont entraîné une chute de 25 % des inscriptions d’étudiants internationaux en 2025 et de 34 % en 2026, par rapport aux années précédentes. La proportion d’étudiants étrangers à l’UQAM est passée de 13,9 % en 2024 à moins de 12 % en 2026, contre 7,8 % en 2016.

Réputation et attractivité du Québec

Le recteur de l’UQAM s’inquiète de la détérioration de l’image du Québec à l’étranger, notamment en raison des restrictions imposées aux étudiants internationaux. Il souligne que ces mesures ont nui à l’attractivité de la province et que les récentes initiatives, comme la réinstallation du PEQ pour deux ans annoncée en juin 2026 et une mission en Europe pour promouvoir les études au Québec, pourraient ne pas suffire à inverser cette tendance. Pallage insiste sur la nécessité pour les partis politiques de prendre des engagements concrets pour restaurer la réputation du Québec et attirer à nouveau les étudiants étrangers, essentiels pour la vitalité économique et démographique de la province.

Financement des universités

Stéphane Pallage réclame un réinvestissement dans l’enseignement supérieur, estimant que le réseau universitaire québécois est sous-financé de 1 milliard de dollars par rapport aux autres universités canadiennes, selon les calculs de l’économiste Pierre Fortin. Il propose que le gouvernement québécois augmente le budget alloué aux universités, ce qui permettrait de dégager des fonds supplémentaires. Pallage cite en exemple un projet de l’UQAM : un programme conjoint de médecine familiale avec d’autres universités du réseau, qui pourrait réduire les coûts du système de santé de 65 milliards de dollars par an en améliorant la prise en charge précoce des patients. Selon lui, ces économies pourraient être réinvesties dans le réseau universitaire sans alourdir la charge fiscale des contribuables.

Ce que ça pourrait changer

Le recteur de l’UQAM attire l’attention sur la **pénurie de main-d’œuvre scolaire** au Québec, un enjeu peu abordé lors de la campagne électorale. Il souligne que l’UQAM forme près du quart des enseignants du secondaire dans la province et a mis en place des mesures pour y remédier, comme une refonte de son programme de baccalauréat en enseignement et l’ajout de programmes courts spécialisés. Pallage espère que les prochaines semaines de campagne permettront d’approfondir les discussions sur ce sujet, ainsi que sur d’autres enjeux liés à l’éducation et à l’enseignement supérieur, afin de trouver des solutions durables à cette crise.

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