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Géopolitique

Que peut l’Arabie saoudite face aux Houthis ?

Le Grand Continent · mis à jour il y a 3 j

L’organisation islamiste s’est emparée en seulement quelques jours du détroit de Bab el-Mandeb L’article Que peut l’Arabie saoudite face aux Houthis ? est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Attaques sur pipeline

Le 11 septembre 2026, des drones tirés depuis l’Irak par un groupe soutenant les Houthis ont frappé l’oléoduc Est-Ouest en Arabie saoudite. Cet oléoduc transporte la majeure partie du pétrole saoudien destiné aux exportations. Selon le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, la reprise du transit est prévue dans les prochains jours, mais des analystes estiment que les réparations pourraient prendre plusieurs semaines. Cet oléoduc est stratégique car il permet d’éviter le détroit d’Ormuz, une voie maritime majeure pour le transport du pétrole, souvent menacée par les tensions régionales.

Risques économiques

Si l’oléoduc Est-Ouest reste fermé pendant un mois et que le détroit d’Ormuz est bloqué, le produit intérieur brut (PIB) de l’Arabie saoudite pourrait reculer de 4,5 % en 2026. Cette baisse représente 1,4 point de plus que les prévisions initiales de l’Abu Dhabi Commercial Bank. Le Fonds monétaire international (FMI) avait déjà revu à la baisse ses projections de croissance pour le royaume à 1,7 % en 2026, contre 3,1 % en avril 2026. Ces chiffres illustrent la vulnérabilité économique de l’Arabie saoudite face aux perturbations de ses infrastructures énergétiques.

Réponse militaire limitée

Face aux attaques des Houthis, l’Arabie saoudite a lancé plus de 450 frappes contre les positions du groupe au Yémen ces derniers jours. Cependant, cette réponse reste bien moins intense que l’intervention militaire massive menée par Riyad il y a dix ans, lors de la guerre civile yéménite. Le pouvoir saoudien cherche à éviter une escalade qui pourrait menacer la stabilité économique du royaume, déjà fragilisée par la guerre en Iran depuis 2022. Malgré ses importantes capacités militaires et son matériel de pointe, l’Arabie saoudite privilégie une approche prudente.

Stratégie d’apaisement

Depuis 2022, l’Arabie saoudite a adopté une politique d’apaisement envers les Houthis, après sept années de guerre. Cette stratégie a conduit à un cessez-le-feu négocié par l’ONU la même année. Aujourd’hui, Riyad se retrouve dans une position délicate : signer un nouvel accord pourrait être perçu comme un signe de faiblesse, affaiblissant son statut de puissance régionale, tandis qu’une reprise active du conflit risquerait d’entraîner le pays dans un conflit long et coûteux. Le prince héritier saoudien, Mohamed ben Salmane (surnommé MBS), a demandé l’intervention des États-Unis, mais Donald Trump a refusé.

Ce que ça pourrait changer

Des diplomates américains ont rencontré des représentants des Houthis à l’ambassade des États-Unis à Oman le week-end précédant le 14 septembre 2026. Selon des sources proches des discussions, les Houthis auraient réaffirmé leur engagement à ne pas cibler les navires commerciaux dans le détroit de Bab el-Mandeb, sauf ceux appartenant à des armateurs saoudiens. Le vice-président américain J.D. Vance a confirmé que les États-Unis avaient eu des échanges directs avec les Houthis. Ces négociations montrent une tentative de désescalade, mais leur efficacité reste incertaine.

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