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Généraliste

Carney défend l’idée de faire du Canada un « membre associé » de l’UE

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 7 j

L'UE serait ouverte à l'idée d’un statut de membre associé qui reste à créer, selon le Wall Street Journal..

Proposition de Carney

Le premier ministre canadien Mark Carney a proposé que le Canada obtienne le statut de membre associé de l’Union européenne (UE), une idée qui n’a pas encore été officiellement adoptée mais qui est en cours d’examen. Ce statut, qui n’existe pas encore officiellement dans les traités européens, permettrait au Canada de renforcer ses liens avec l’UE sans pour autant devenir un membre à part entière. Selon le Wall Street Journal, des responsables européens et canadiens auraient montré une ouverture à cette proposition, bien que des détails restent à définir. Cette initiative s’inscrit dans un contexte où les relations commerciales entre le Canada et les États-Unis se sont fortement dégradées depuis 2025, notamment en raison de l’imposition de droits de douane par les États-Unis sur des milliards de dollars d’échanges transfrontaliers. Mark Carney a évoqué cette idée lors de discussions avec des dirigeants européens, dont le président français Emmanuel Macron, avec qui il doit se rencontrer en septembre 2026.

Contexte des tensions commerciales

La proposition de Mark Carney intervient dans un contexte de tensions commerciales accrues entre le Canada et les États-Unis, marquées par des désaccords profonds depuis le retour de Donald Trump à la présidence américaine en janvier 2025. Ces tensions ont conduit à l’imposition de droits de douane sur des dizaines de milliards de dollars d’échanges entre les deux pays, affectant des secteurs clés comme l’énergie, l’intelligence artificielle, la défense et les minéraux critiques. Pour le Canada, cette situation rend urgente la recherche de nouveaux partenaires économiques. L’UE, qui est déjà un partenaire commercial important pour le Canada, représente une alternative stratégique. Les discussions en cours visent à faciliter la libre circulation des biens, des services et des travailleurs canadiens impliqués dans des chaînes d’approvisionnement stratégiques, ce qui équivaudrait, selon le Wall Street Journal, à déplacer virtuellement la frontière de l’UE jusqu’au Canada.

Projets de coopération Canada-UE

Le Canada et l’UE explorent plusieurs projets concrets pour renforcer leur coopération économique et technologique. Parmi ces projets figurent la pose de câbles sous-marins, la construction conjointe de centres de données, le développement de solutions de stockage dans le cloud, ainsi que la création de nouveaux réseaux satellitaires. Ces initiatives visent à faciliter l’acheminement de l’énergie canadienne vers l’UE et à renforcer les liens dans des secteurs comme l’intelligence artificielle et la défense. Par ailleurs, des discussions sont en cours pour permettre aux Canadiens de vivre et de travailler sans visa dans l’UE, une mesure qui pourrait faciliter les échanges humains et professionnels entre les deux entités. Ces projets s’ajoutent à des discussions plus larges sur la libre circulation des biens et des services, dans le cadre d’une intégration économique progressive.

Obstacles et défis

Malgré l’enthousiasme autour de cette proposition, des obstacles majeurs subsistent. L’UE a montré par le passé une grande rigidité dans l’application de ses règles d’adhésion, et même des accords commerciaux moins ambitieux que celui envisagé avec le Canada ont mis plus d’une décennie à être ratifiés. Par exemple, l’accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’UE, conclu il y a près de dix ans et appliqué provisoirement depuis 2017, n’a toujours pas été ratifié par tous les États membres de l’UE. Cette lenteur illustre les défis politiques et bureaucratiques auxquels le Canada pourrait être confronté. De plus, la création d’un statut de membre associé nécessiterait des négociations complexes et une volonté politique forte des deux côtés de l’Atlantique, sans garantie de succès.

Ce que ça pourrait changer

Les acteurs clés de cette proposition sont le premier ministre canadien Mark Carney, qui porte l’idée, et plusieurs dirigeants européens, dont le président français Emmanuel Macron. Mark Carney a déjà eu des échanges réguliers avec ces dirigeants, et une rencontre est prévue entre les deux hommes en septembre 2026 pour avancer sur le dossier. Du côté européen, la Commission européenne et l’ambassade du Canada à Bruxelles sont également impliquées, bien qu’aucun commentaire officiel n’ait été publié à ce stade. Les prochaines étapes consisteront à préciser les modalités d’un éventuel statut de *membre associé*, à négocier les termes de la coopération économique et à surmonter les résistances politiques au sein de l’UE. Si ces discussions aboutissent, le Canada pourrait devenir un partenaire encore plus intégré à l’UE, sans pour autant en faire partie intégrante.

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