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Géopolitique

Vote par correspondance : retoqué par la Cour suprême, Trump n’a pas dit son dernier mot

Courrier International · mis à jour il y a 5 j

La plus haute juridiction américaine a bloqué, lundi 14 septembre, un recours de l’administration Trump concernant un décret qui visait à restreindre le vote par correspondance, à sept semaines des “midterms”. Mais l’offensive du locataire de la Maison-Blanche pour changer les règles du jeu électoral est loin d’être terminée, selon la presse américaine..

Cour suprême bloque décret

Le 14 septembre 2026, la Cour suprême des États-Unis a bloqué à une large majorité de sept juges contre deux un décret signé par Donald Trump le 31 mars 2026. Ce décret visait à restreindre le vote par correspondance, une procédure de vote à distance où les électeurs reçoivent et renvoient leur bulletin par courrier. La Cour suprême a jugé que ce décret aurait pu perturber le processus électoral des midterms, les élections de mi-mandat prévues le 3 novembre 2026. Environ un tiers des électeurs américains avaient voté par correspondance en 2024, ce qui montre l'importance de cette méthode de vote. Cette décision intervient alors que certains États américains avaient déjà commencé à expédier les bulletins de vote par correspondance pour les midterms.

Objectifs du décret Trump

Le décret de Donald Trump avait pour but d'instaurer un contrôle fédéral sur le vote par correspondance. Il prévoyait que les services de l'immigration et de la Sécurité sociale établissent une liste fédérale des électeurs autorisés à voter. Ensuite, l'USPS (United States Postal Service, la poste américaine) n'aurait délivré des bulletins de vote par correspondance qu'aux personnes figurant sur cette liste. Cette mesure aurait pu réduire le nombre de votants, car de nombreux électeurs, notamment ceux inscrits localement, n'auraient pas été inclus dans cette liste fédérale. Le Washington Post a qualifié cette décision de la Cour suprême de « défaite majeure » pour Donald Trump.

Autres stratégies électorales

Bien que le décret sur le vote par correspondance ait été bloqué, Donald Trump continue ses efforts pour influencer le processus électoral. Selon le New York Times, son administration a envoyé des « missives menaçantes » à au moins 30 responsables électoraux dans tout le pays. Ces responsables sont chargés de gérer les élections au niveau local. L'objectif serait d'obtenir un accès aux données privées des électeurs et aux registres électoraux, ce qui soulève des questions sur la protection de la vie privée. Par ailleurs, des agents fédéraux vérifient les listes électorales pour repérer d'éventuels non-citoyens inscrits, malgré l'absence de preuves d'une fraude électorale généralisée.

Doute sur la fiabilité du vote

Le ministre de la Sécurité intérieure des États-Unis a récemment demandé l'ouverture d'une enquête sur la fiabilité d'une machine à voter couramment utilisée. Cette initiative, ainsi que les allusions répétées de Donald Trump à une fraude électorale généralisée, visent à semer le doute sur la fiabilité du système électoral. Le New York Times souligne que ces actions pourraient avoir pour conséquence de miner la confiance des électeurs dans le processus démocratique. Pourtant, aucune preuve solide de fraude électorale généralisée n'a été présentée. Les midterms de 2026 pourraient donc être marquées par une polarisation accrue autour de la question de l'intégrité du vote.

Ce que ça pourrait changer

Les *midterms* de 2026 sont des élections cruciales pour les États-Unis, car elles permettent de renouveler une partie du Congrès et de certains postes locaux. Ces élections sont souvent perçues comme un baromètre de la popularité du président en place. Dans ce contexte, les tentatives de Donald Trump pour modifier les règles du vote par correspondance et son discours sur une fraude électorale généralisée s'inscrivent dans une stratégie plus large. Son objectif serait de renforcer l'emprise du gouvernement fédéral sur les élections, qui sont normalement organisées par les États. Cette situation crée un climat de tension politique à quelques semaines du scrutin.

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