Edito : pourquoi nos produits tech préférés vont devenir de plus en plus nuls ?
Beaucoup de produits tech qui sortent en 2026 sont moins bons que leurs prédécesseurs de 2025. Non seulement il y a une raison à cela, mais il va en plus falloir s’y habituer..
L'industrie technologique traverse une période difficile en 2026, marquée par une dégradation des performances des produits. Contrairement à la logique habituelle où chaque nouvelle version d'un appareil (smartphone, PC, console) est censée être meilleure que la précédente, les modèles récents sont parfois moins performants que leurs prédécesseurs. Par exemple, les Xiaomi Redmi Note 17 (sortis en 2026) sont moins bons que les Xiaomi Redmi Note 15 (2025), avec des performances revues à la baisse et des appareils photo médiocres. Cette situation s'explique par une crise structurelle touchant l'ensemble du secteur, où les fabricants doivent faire des compromis pour maintenir des prix accessibles. Les consommateurs sont ainsi confrontés à un dilemme : acheter un ancien modèle plus performant ou un nouveau modèle moins cher mais moins performant.
La principale cause de cette dégradation des produits tech est une pénurie de mémoire vive (ou RAM, pour Random Access Memory), un composant essentiel qui permet aux appareils de fonctionner rapidement. Cette pénurie a fait exploser les prix des barrettes de RAM, parfois de plus de 300 %. Les fabricants comme Micron, SK Hynix ou Samsung ont réorienté leur production vers la HBM (High Bandwidth Memory), une mémoire haut de gamme utilisée par l'intelligence artificielle (IA), délaissant ainsi le marché grand public. Cette situation a contraint les constructeurs à réduire les performances de leurs appareils pour garder des prix abordables. Par exemple, le MacBook Neo d'Apple (2026) propose seulement 8 Go de RAM, contre 16 Go considérés comme le minimum en 2025, tout en affichant un design premium et un prix de 699 €. Les autres marques comme Asus, Acer, Dell ou Lenovo ont suivi cette tendance.
Le secteur des ordinateurs personnels (PC) est particulièrement affecté par cette crise. Les prix des machines haut de gamme ont explosé, tandis que les modèles d'entrée de gamme, comme le MacBook Neo, voient leurs performances réduites. Par exemple, un ultraportable haut de gamme dépasse désormais 2 000 €, alors que les modèles d'entrée de gamme avec 8 Go de RAM sont vendus autour de 699 €. Sous Windows 11, ces configurations limitées deviennent rapidement insuffisantes pour des tâches même basiques, car ce système d'exploitation est plus gourmand en ressources que macOS. Les consoles de jeux ne sont pas épargnées : la PS5 Digital Edition est passée de 399 € à sa sortie à 649 € en 2026, et la Xbox Series X de 499 € à 799 €. La Steam Machine de Valve dépasse même les 1 000 €. Ces hausses de prix s'expliquent par la nécessité de maintenir des configurations fixes depuis 2020, sans possibilité de réduire la quantité de RAM.
L'*intelligence artificielle* (IA) joue un rôle central dans cette crise. Les géants du secteur comme *Microsoft*, *Google* ou *Meta* investissent massivement dans l'IA, qui nécessite des ressources colossales en électricité, en eau et en mémoire vive. Les fabricants de composants comme *Micron* ou *Samsung* ont donc priorisé la production de *HBM* pour répondre à cette demande, au détriment des mémoires classiques utilisées dans les smartphones, PC et consoles. Selon *Chen Li-Bai*, président de la firme taïwanaise *ADATA*, cette crise pourrait durer **dix ans**. Les consommateurs se retrouvent ainsi dans une situation paradoxale : ils ont besoin de ces appareils pour des usages essentiels (banque, santé, administration), mais doivent choisir entre des produits de plus en plus chers ou de plus en plus médiocres.

