« Vive Mao! » : 50 ans après sa mort, le père de la Chine populaire inspire encore
Il figure encore sur les billets de banque, pend au rétroviseur d'automobilistes et domine la place Tiananmen..
Le 9 septembre 2026 marque le 50e anniversaire de la mort de Mao Zedong, fondateur de la République populaire de Chine en 1949. À cette occasion, des centaines de fidèles se sont rassemblés dans son village natal de Shaoshan, dans la province du Hunan, pour lui rendre hommage. Des touristes, dont de nombreux étudiants, ont déposé des couronnes de chrysanthèmes, des bouteilles d'alcool et des cigarettes devant une statue de Mao haute de 10 mètres. Une cérémonie émouvante a eu lieu la veille, avec des portraits du dirigeant et des exemplaires du Petit Livre rouge, un recueil de ses citations publié pendant la Révolution culturelle (1966-1976). La foule a scandé des slogans comme « Vive le président Mao! » et entonné des chants révolutionnaires, reflétant une ferveur persistante pour sa mémoire.
Mao Zedong reste une figure omniprésente en Chine, bien au-delà de son village natal. Son visage apparaît sur les billets de banque, des porte-bonheur sont accrochés aux rétroviseurs des voitures, et son portrait domine la place Tiananmen à Pékin. À Shaoshan, des boutiques vendent des badges, figurines, casquettes et tee-shirts à son effigie, illustrant son statut de symbole culturel. Ouyang Qianli, gérante d'une boutique locale, le décrit comme « quelqu’un de désintéressé qui a ouvert une nouvelle ère pour la Chine ». Cette présence constante dans le quotidien chinois montre comment Mao est devenu un emblème, mêlant histoire et culture populaire.
Malgré l’admiration qu’il suscite, l’héritage de Mao reste marqué par des périodes sombres. Entre 1958 et 1962, le Grand Bond en avant, une campagne visant à industrialiser rapidement la Chine, a provoqué des famines ayant causé des dizaines de millions de morts selon les historiens. Ensuite, la Révolution culturelle (1966-1976), lancée par Mao pour éliminer les opposants politiques, a plongé le pays dans le chaos avec des violences et des persécutions. Pourtant, le Parti communiste chinois présente Mao comme un « grand révolutionnaire prolétarien » ayant redonné indépendance et dignité à la Chine, malgré les erreurs reconnues officiellement.
Ces dernières années, une vague de nostalgie pour l’époque maoïste a émergé en Chine, notamment parmi les jeunes confrontés à des difficultés économiques (logement cher, emploi, éducation). Johnny Wei, un touriste de 30 ans, explique que cette pression quotidienne pousse à chercher des réponses dans le passé. Ouyang Qianli, gérante de boutique, suggère que l’amélioration du niveau de vie permet de relativiser les mauvais souvenirs. Deng, un jeune visiteur de 28 ans, voit dans la Révolution culturelle un « difficile cheminement » vers une société plus équitable, reflétant cette nostalgie pour les idéaux égalitaires d’une époque révolue.
Mao Zedong reste une figure indéboulonnable du Parti communiste chinois, dont il a fondé la République en 1949. Son rôle dans l’histoire du pays est présenté comme celui d’un héros ayant transformé la Chine, autrefois pauvre et isolée, en une nation puissante. Jing Shiming, un touriste de 63 ans, résume cette vision en déclarant : « Mao et les dirigeants de sa génération ont transformé la Chine [...] en nation prospère et puissante ». Cette image officielle contraste avec les critiques historiques, mais elle domine le récit national, faisant de Mao un pilier de l’identité politique chinoise actuelle.

