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Généraliste

Un midi de jasette électorale à la table des aînés

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 10 j

Les aînés de la région la plus âgée du Québec discutent du coût de la vie et de leur place dans la campagne..

Gaspésie, région la plus âgée

La Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine est la région du Québec où la population est la plus âgée. En 2026, un tiers de ses habitants ont 65 ans ou plus, et l’âge médian y est de 53,4 ans, soit 11 ans de plus que la moyenne québécoise. Cette situation s’explique par un vieillissement de la population et un faible renouvellement démographique. Les régions éloignées comme la Gaspésie sont souvent confrontées à ce phénomène, où les jeunes quittent pour les centres urbains, laissant une majorité de retraités. Cette réalité démographique place la région en première ligne face aux enjeux liés au vieillissement, notamment en matière de politiques publiques et de services adaptés.

Revenus des retraités en tension

Les retraités gaspésiens dépendent largement des rentes publiques, comme les pensions de vieillesse ou le supplément de revenu garanti (SRG), une aide financière versée par le gouvernement fédéral aux personnes à faible revenu. En 2025, les rentes ont été augmentées de 11 $ par mois, mais pour certains bénéficiaires du SRG, cette hausse a été annulée par une réduction de 13 $, car leurs revenus d’emploi dépassaient 5000 $. Les retraités critiquent ces ajustements, soulignant que les hausses du coût de la vie, notamment pour l’alimentation ou les services, réduisent leur pouvoir d’achat. Par exemple, un repas au restaurant coûte désormais 20 $, contre 15 $ précédemment. Les prix sont aussi plus élevés en Gaspésie en raison de son isolement, avec un accès limité aux grandes surfaces comme Costco.

Politiques publiques critiquées

Les aînés de la Gaspésie estiment que les partis politiques, tant au niveau provincial que fédéral, négligent leurs préoccupations. Ils citent des exemples comme le premier ministre François Legault ou l’ancien premier ministre Jean Charest, jugés peu attentifs à leurs besoins. Les retraités reprochent aux gouvernements de privilégier les aides aux entreprises plutôt qu’aux particuliers, notamment en matière de compensation face à l’inflation. Ils soulignent aussi l’absence de mesures concrètes pour améliorer leur quotidien, comme des ajustements plus équitables des pensions ou des aides spécifiques pour les régions éloignées. Leur colère grandit, certains envisageant même de ne pas voter, comme le couple Morisson, dont les revenus ont été réduits après une hausse des rentes.

Logement et précarité

Le logement représente un autre défi majeur pour les aînés gaspésiens. Même les propriétaires, comme le souligne André Chrétien, un ancien policier, peinent à conserver leur domicile en raison des coûts élevés des services et de la vie. Les loyers mensuels peuvent atteindre 1200 $ à 1400 $, alors que les pensions sont souvent insuffisantes pour couvrir ces dépenses. Certains retraités sont contraints de vendre leur maison à perte pour financer leur séjour en centre d’hébergement, une situation que Chrétien décrit comme une « arnaque ». Les centres d’accueil, souvent perçus comme des lieux de dernier recours, sont critiqués pour leur gestion et leur coût. Cette précarité touche particulièrement les personnes vivant seules avec une pension de vieillesse.

Accès aux soins en déclin

L’accès aux soins de santé en Gaspésie est un sujet de préoccupation croissante pour les aînés. Les spécialistes, comme les urologues, ne se déplacent plus régulièrement dans la région, forçant les patients à se rendre à Rimouski, à plus de quatre heures de route. Cette distance pose un problème majeur, surtout en hiver, où les conditions routières peuvent retarder ou annuler les rendez-vous médicaux. Les délais pour obtenir des soins spécialisés s’allongent, passant de quelques semaines à plusieurs mois. Georges Adams, un retraité, compare cette situation à ce que vivraient les habitants de Montréal s’ils devaient se faire soigner à Saguenay ou Rivière-du-Loup. Les aînés réclament des solutions pour améliorer l’accès aux soins locaux et réduire les inégalités territoriales.

Ce que ça pourrait changer

Malgré leur mécontentement, certains aînés, comme Georges Adams, rappellent l’importance du vote comme devoir citoyen. Adams affirme que ne pas voter équivaut à ne pas s’exprimer. Cependant, d’autres, comme Fernande ou le couple Morisson, expriment une désillusion totale envers les partis politiques. Ils estiment que leurs préoccupations, comme l’accès aux soins ou la précarité financière, ne sont pas prises au sérieux. Certains envisagent même de boycotter les élections, jugeant que les promesses électorales ne se traduisent pas par des actions concrètes. Cette désaffection pourrait avoir un impact sur la participation électorale, alors que les aînés représentent une part majeure de l’électorat gaspésien.

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