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« Nous n’avons pas de temps à perdre », le patron de Volkswagen appelle l’UE à taxer les hybrides rechargeables chinois

Numerama · mis à jour il y a 10 j

Face à la croissance rapide des ventes de véhicules hybrides rechargeables chinois, le patron de Volkswagen invite l’Europe à statuer dans les prochains mois sur une éventuelle surtaxe douanière équivalente à celle appliquée sur les voitures électriques..

Croissance des PHEV chinois

Les véhicules hybrides rechargeables (PHEV, Plug-in Hybrid Electric Vehicle) fabriqués en Chine représentent désormais 27,3 % des immatriculations de cette catégorie en Europe au premier semestre 2026. Sur les six premiers mois de l’année, 208 368 PHEV ont été vendus en Europe, pour un marché total de 740 000 véhicules de ce type. Ces chiffres illustrent une progression rapide des marques chinoises, qui ont su capter une part significative d’un marché encore dominé par les véhicules diesel (6,5 % des immatriculations) et électriques (22,2 %). Les PHEV chinois, souvent équipés d’une autonomie électrique supérieure à 80 kilomètres, sont proposés à des prix compétitifs, ce qui explique leur succès commercial.

Réaction de Volkswagen

Oliver Blume, PDG du groupe Volkswagen, a publiquement réagi à cette concurrence accrue lors d’une conférence de résultats le 24 juillet 2026. Il a appelé l’Union européenne à imposer dans les mois à venir des droits de douane sur les PHEV chinois équivalents à ceux appliqués aux voitures 100 % électriques (BEV, Battery Electric Vehicle). Aujourd’hui, les PHEV chinois bénéficient d’un tarif douanier standard de 10 %, contre jusqu’à 35 % pour les BEV, ce qui crée une faille réglementaire exploitée par les constructeurs chinois. Blume a déclaré : « Nous n’avons pas de temps à perdre », soulignant l’urgence d’agir pour rétablir une concurrence équitable.

Stratégie des constructeurs chinois

Les marques chinoises comme BYD, avec ses modèles Seal U, Atto 2 ou Jaecoo 7, ont rapidement conquis des parts de marché en Europe. Leur stratégie repose sur l’exportation de gammes hybrides rechargeables, lancées après l’instauration de surtaxes douanières sur les véhicules 100 % électriques. Ces constructeurs ont absorbé eux-mêmes le coût des taxes plutôt que d’augmenter leurs prix, ce qui leur permet de proposer des véhicules à des tarifs attractifs. Leur objectif est de compenser la baisse des marges enregistrées sur les BEV, tout en contournant les barrières douanières existantes.

Proposition de taxation alignée

Oliver Blume propose d’aligner les droits de douane des PHEV sur ceux des BEV, soit jusqu’à 35 %. Il justifie cette demande par le fait que la réglementation actuelle ne fonctionne pas pour les hybrides rechargeables, contrairement aux véhicules 100 % électriques où Volkswagen se dit compétitif. Une telle mesure permettrait d’instaurer « des règles du jeu équitables » sur le marché automobile européen. La Commission européenne étudierait déjà cette possibilité, selon des indiscrétions rapportées par la presse allemande en juin 2026. Blume précise que les premières discussions évoquaient des taux différents, car la batterie représente une part moindre dans un PHEV, mais il insiste pour une taxation équivalente.

Ce que ça pourrait changer

La demande de surtaxes douanières de Volkswagen révèle certaines contradictions internes. Le groupe a en effet négocié avec l’UE pour exempter son modèle *Cupra Tavascan*, produit en Chine, des surtaxes douanières. Par ailleurs, contrairement à d’autres constructeurs européens comme Stellantis ou Ford, Volkswagen refuse d’ouvrir ses usines européennes aux marques chinoises, même à ses partenaires comme Xpeng. Le groupe privilégie des solutions alternatives, comme produire en Europe des modèles initialement destinés au marché chinois pour alimenter ses chaînes de montage locales.

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