Carney’s pipeline: A tale of two extinctions
Just 74 Southern Resident orcas remain in the wild. Pacific Link threatens their fragile habitat while fast-tracking a project that sidelines Indigenous rights and risks bypassing protections for endangered species The post Carney’s pipeline: A tale of two extinctions appeared first on Ricochet..
Le Canada et le monde traversent une période d’incertitude marquée par plusieurs défis. Le coût de la vie reste élevé, les relations commerciales traditionnelles se transforment et les tensions géopolitiques s’intensifient. Les gouvernements doivent répondre à des pressions croissantes : créer des emplois, attirer des investissements, diversifier les partenariats et renforcer la compétitivité du pays dans une économie mondiale instable. C’est dans ce contexte que Mark Carney, un économiste devenu figure politique, incarne une réponse à ces enjeux. Le discours de l’urgence y est omniprésent, poussant à une logique de compétition, de croissance rapide et de sécurisation de la place du Canada dans l’ordre mondial. Cette pression se traduit par une volonté de construire rapidement des infrastructures majeures, comme des pipelines, présentés comme essentiels au progrès économique.
Le projet de pipeline Pacific Link vise à transporter jusqu’à 1 million de barils de pétrole par jour depuis l’Alberta jusqu’à un terminal d’exportation près du fleuve Fraser, en Colombie-Britannique. Son coût est estimé à 44 milliards de dollars canadiens, financés en grande partie par les contribuables. Le gouvernement fédéral et celui de l’Alberta en détiendront 90 % des parts, tandis que les communautés autochtones impactées se verront proposer une participation de 10 %, financée par des prêts publics. Les compagnies pétrolières bénéficieront des profits générés par son exploitation. Ce projet est présenté comme une opportunité de prospérité nationale, avec la création d’emplois et le renforcement de l’économie. Il a été désigné comme un projet d’intérêt national, ce qui accélère son approbation et réduit les délais de consultation des communautés autochtones concernées.
Le tracé du pipeline Pacific Link traverse des zones critiques pour la biodiversité, notamment l’estuaire du fleuve Fraser, habitat essentiel pour de nombreuses espèces. Ce projet augmenterait le trafic de pétroliers dans la mer des Salish, un écosystème déjà fragile. Parmi les espèces menacées, les orques résidentes du Sud (Southern Resident orcas) sont particulièrement vulnérables : leur population est réduite à seulement 74 individus, dont des individus nommés comme Tahlequah, Phoenix ou Mako. Ces orques, comme d’autres espèces, subiraient des risques accrus de pollution, de bruit sous-marin et de marées noires en cas d’accident. Ces menaces accélèrent leur déclin, illustrant une extinction en temps réel. Le projet pourrait aussi contourner la Loi sur les espèces en péril pour faciliter sa réalisation.
La construction du pipeline Pacific Link est critiquée pour son mépris des droits autochtones, notamment le principe de consentement libre, préalable et éclairé (CLPE), reconnu par la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (UNDRIP). Les communautés autochtones concernées ont reçu seulement deux mois (initialement un mois) pour se prononcer sur un projet déjà présenté comme une priorité nationale. Beaucoup ont dénoncé le manque d’informations claires et le caractère précipité des consultations. L’Union des chefs indiens de la Colombie-Britannique (UBCIC) a rejeté la désignation du projet comme d’intérêt national, soulignant que l’absence de consentement des Premières Nations rend le projet illégal au regard de l’UNDRIP et vulnérable à des recours juridiques. Pour ces nations, les relations avec les terres et les eaux ne se limitent pas à des ressources à exploiter, mais s’inscrivent dans des liens intergénérationnels et des responsabilités collectives.
L’approche adoptée pour le projet Pacific Link s’inscrit dans une logique historique de colonisation, où les ressources des territoires autochtones sont exploitées sans leur consentement. Cette méthode, justifiée par le discours du progrès et de la nation-building, a déjà causé des dommages irréversibles aux écosystèmes et aux droits des peuples autochtones. Le gouvernement canadien, en accélérant l’approbation du projet malgré les oppositions, reproduit ce schéma en sacrifiant les droits constitutionnels des Premières Nations et la protection de l’environnement au nom d’un impératif économique. Ce choix crée un précédent dangereux pour la définition même de ce que signifie construire le Canada.
Le projet *Pacific Link* suscite une opposition massive, avec plus de 43 000 personnes au Canada qui s’y opposent. Des scientifiques et des groupes environnementaux alertent sur les risques climatiques et écologiques, tandis que les communautés autochtones et la société civile dénoncent une violation de leurs droits. Pourtant, le gouvernement fédéral a maintenu sa décision, illustrant une vision où deux formes d’extinction sont acceptées : celle des espèces menacées, comme les orques résidentes du Sud, et celle des droits autochtones et de la souveraineté des Premières Nations. Face à ce constat, des voix proposent une alternative : investir dans une économie qui concilie accessibilité des prix, protection de l’environnement et respect des droits autochtones, sans opposer ces priorités. L’enjeu est de construire un avenir où humains et nature peuvent coexister harmonieusement.

