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Géopolitique

Trump et son clan investissent largement dans l’IA, que le président rechigne à réguler

Courrier International · mis à jour il y a 9 h

L’empire économique de la famille Trump est de plus en plus engagé dans des activités liées de près ou de loin à l’essor de l’intelligence artificielle : centrales électriques, data centers, vente de données… Une source possible de conflits d’intérêts, même si d’autres raisons peuvent expliquer son opposition à un encadrement du secteur..

Trump et l'IA

Donald Trump et sa famille investissent massivement dans des secteurs liés à l'intelligence artificielle (IA), comme les data centers (centres de données) et les infrastructures électriques. Ces investissements s'étendent à des entreprises comme Dell Technologies, Micron Technology et GE Vernova, dont les profits dépendent des dépenses colossales pour construire des data centers et des réseaux électriques nécessaires au fonctionnement des IA avancées. Trump a également pris des parts dans ces sociétés, bien qu'on ignore si elles ont été vendues depuis son arrivée au pouvoir. Cette situation soulève des questions sur d'éventuels conflits d'intérêts, d'autant que Trump n'a pas placé ses avoirs dans une fiducie (structure légale qui isole les actifs d'un dirigeant pour éviter les influences extérieures), contrairement à ses prédécesseurs. Il continue ainsi d'acheter et de vendre des actions, ce qui peut influencer ses décisions politiques.

Empire familial

La famille Trump, notamment ses fils Donald Jr. et Eric, est directement impliquée dans des projets liés à l'IA via des sociétés de capital-risque comme 1789 Capital et American Ventures. Ces investissements couvrent des domaines variés, allant des data centers à l'énergie nucléaire, dont la demande augmente avec l'essor de l'IA. Par exemple, Trump Media & Technology Group, une entreprise familiale, s'engage dans le secteur nucléaire, tandis que sa filiale Truth Social prévoit de vendre un accès sous licence aux posts de ses utilisateurs à des laboratoires d'IA pour entraîner leurs modèles. Ces activités exposent la famille à des variations économiques liées à l'IA, créant des liens étroits entre leur fortune personnelle et le développement de cette technologie.

Contrats et influence

Plusieurs entreprises liées à la famille Trump ont obtenu des contrats ou des prêts du Pentagone, ce qui renforce leur influence dans le secteur de l'IA. Cette situation concerne non seulement le clan Trump, mais aussi des proches comme David Sacks, ex-conseiller spécial de Trump sur l'IA et les cryptomonnaies (monnaies virtuelles comme le Bitcoin). Ces investissements et contrats publics pourraient expliquer pourquoi Trump reste réticent à réguler strictement l'IA, malgré les appels croissants à Washington pour encadrer son développement. Il a d'ailleurs annoncé le 19 septembre 2026 la création d'une force dédiée à l'IA, inspirée de la Force spatiale américaine, et la nomination d'un conseiller spécial, mais sans proposer de mesures contraignantes pour limiter les risques liés à cette technologie.

Ce que ça pourrait changer

Trump justifie son opposition à une régulation stricte de l'IA par la nécessité de rivaliser avec la Chine, qu'il considère comme un concurrent majeur dans ce domaine. Pourtant, ses investissements personnels et ceux de sa famille dans des entreprises liées à l'IA pourraient biaiser sa position. Contrairement à ses prédécesseurs, il n'a pas isolé ses actifs financiers dans une fiducie, ce qui laisse planer un doute sur l'indépendance de ses décisions. Ses déclarations publiques, comme celle du 19 septembre 2026 où il affirme ne pas vouloir « entraver ou étouffer la croissance de ce secteur incroyable », reflètent cette prudence face à une régulation qui pourrait limiter les profits de ses investissements.

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