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Présidentielle 2027 : ce que les candidats proposent vraiment sur l’IA

Maddyness · mis à jour 5 oct.

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IA : enjeu majeur 2027

L’intelligence artificielle (IA) pourrait devenir un sujet central de la présidentielle française de 2027, bien qu’elle ne soit pas encore au cœur des débats. Contrairement à d’autres thèmes de campagne, l’IA est perçue comme un levier capable de transformer profondément l’économie française. Les candidats à l’élection commencent à dévoiler leurs propositions, qui tournent autour de quatre axes principaux : des investissements massifs, la souveraineté technologique, la formation des citoyens et la régulation de cette technologie. L’objectif affiché est de positionner la France comme un acteur majeur en Europe, voire dans le monde, face aux États-Unis et à la Chine. Les enjeux incluent aussi bien le développement économique que la transformation des métiers et des compétences.

Attal : plan 200 milliards

Gabriel Attal, ancien Premier ministre et candidat à la présidentielle, propose un plan ambitieux intitulé France 2040, doté de 200 milliards d’euros sur dix ans. Ce budget serait financé à parts égales par des fonds publics et privés. L’objectif est de faire de la France la première puissance européenne de l’IA d’ici dix ans, en rivalisant avec les États-Unis et la Chine. Pour y parvenir, Attal prévoit d’intégrer l’IA dans les savoirs fondamentaux à l’école, c’est-à-dire dans les programmes scolaires de base. Il propose aussi la création d’un Crédit Impôt Productivité, qui permettrait de financer jusqu’à 30 % des projets d’IA dans les entreprises. Ce dispositif serait cumulable avec le Crédit Impôt Recherche (CIR), un avantage fiscal existant pour les activités de recherche et développement.

Philippe : infrastructures et formation

Édouard Philippe, autre candidat, défend une stratégie centrée sur les infrastructures et la formation. Il propose de doubler en cinq ans les capacités informatiques françaises capables d’entraîner des systèmes d’IA, c’est-à-dire les serveurs et les centres de données nécessaires pour faire fonctionner ces technologies. Il vise également à augmenter le nombre d’ingénieurs formés chaque année, passant de 40 000 à 100 000. Philippe insiste aussi sur la création d’un droit à la reconversion pour les travailleurs dont les métiers pourraient être menacés par l’IA. Contrairement à Attal, il ne souhaite pas rivaliser frontalement avec les géants américains comme OpenAI sur les grands modèles d’IA (des systèmes très puissants et généralistes). Il propose plutôt de miser sur les points forts de la France, notamment la robotique et la recherche pharmaceutique.

Retailleau : 25 milliards et emplois

Bruno Retailleau mise sur un plan de 25 milliards d’euros sur cinq ans pour développer l’IA, avec des mesures de simplification administrative et des avantages fiscaux pour les entreprises du secteur. Son programme prévoit d’utiliser l’IA pour transformer l’administration publique en automatisant certaines tâches, ce qui permettrait de libérer l’équivalent de 250 000 emplois à temps plein d’ici 2032. Ces emplois seraient redéployés vers d’autres missions au sein de l’administration. Retailleau mise également sur la dérégulation, c’est-à-dire la réduction des contraintes réglementaires, pour accélérer le développement de l’IA en France.

Zemmour : privé et automatisation

Éric Zemmour, candidat du parti Reconquête!, propose une approche axée sur l’investissement privé et la dérégulation. Son programme repose sur le secteur privé pour développer l’IA, avec un allègement significatif des contraintes réglementaires pesant sur les entreprises technologiques. Zemmour souhaite utiliser l’IA et la robotique pour automatiser certaines tâches, notamment en remplaçant une partie de la main-d’œuvre immigrée. Cette proposition s’inscrit dans une vision où l’automatisation permettrait de réduire la dépendance à une main-d’œuvre étrangère, tout en améliorant la productivité.

Glucksmann : souveraineté et traité

Raphaël Glucksmann, candidat de gauche, place la souveraineté technologique au cœur de sa stratégie. Il propose de créer une agence industrielle du numérique et de l’IA, financée par les fonds de France 2030 (un plan d’investissement public français). Cette agence aurait pour mission de coordonner les investissements dans les infrastructures et technologies d’IA en France. Glucksmann défend également la création d’un traité international pour encadrer les usages de l’IA à très haut risque, c’est-à-dire les applications les plus dangereuses ou controversées. Il plaide enfin pour une stratégie de souveraineté à l’échelle européenne, afin de réduire la dépendance aux technologies étrangères.

Mélenchon : modèles petits et publics

Jean-Luc Mélenchon et La France Insoumise proposent une approche alternative, privilégiant des modèles d’IA plus petits, spécialisés et moins gourmands en ressources plutôt que de chercher à rivaliser avec les géants américains sur les grands modèles (comme ceux d’OpenAI). Ils défendent une maîtrise publique renforcée des infrastructures stratégiques du numérique, c’est-à-dire une gestion par l’État des outils essentiels au fonctionnement de l’IA. Mélenchon souhaite aussi que les travailleurs soient associés aux choix concernant le déploiement de l’IA dans les entreprises, afin de garantir une transition juste et transparente.

Tondelier : puce et sobriété

Marine Tondelier, candidate écologiste, met l’accent sur la souveraineté technologique et la sobriété énergétique. Son programme prévoit de développer une puce d’IA européenne, c’est-à-dire un composant électronique spécialisé pour l’IA, conçu et produit en Europe. Elle souhaite aussi renforcer le contrôle public des infrastructures soutenues par EuroHPC (un consortium européen pour le calcul haute performance). Tondelier propose d’imposer aux concepteurs d’IA d’adapter la taille des modèles à la complexité des requêtes, afin de limiter leur consommation énergétique. Son programme inclut également la traçabilité des données utilisées pour entraîner les modèles d’IA, ainsi qu’un étiquetage obligatoire des contenus générés par IA, pour informer les utilisateurs.

Ce que ça pourrait changer

Malgré l’importance accordée à l’IA par tous les candidats, les propositions restent floues sur les conséquences concrètes de cette révolution technologique. Les thèmes de la *formation*, de la *reconversion* des travailleurs et de l’*accompagnement des entreprises* sont évoqués, mais sans véritable *feuille de route* détaillée. Aucun candidat ne propose de plan complet pour anticiper les impacts de l’IA sur l’emploi, l’économie ou la société. Les mesures avancées sont souvent génériques, comme la création de crédits d’impôt ou de droits à la reconversion, sans préciser comment elles s’articuleraient avec les besoins réels des secteurs économiques ou des travailleurs.

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