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Vente d’alcool entre provinces : les frais de livraison risquent de freiner l’enthousiasme

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 14 j

Les coûts de livraison et les barrières commerciales limitent encore les retombées du nouvel accord..

Nouvelle mesure interprovinciale

À partir de juillet 2026, l’Ontario et huit autres provinces canadiennes autorisent les consommateurs à acheter directement du vin, de la bière et des spiritueux produits dans une autre province. Cette mesure, présentée comme une avancée par le premier ministre ontarien Doug Ford, vise à renforcer l’économie canadienne face aux droits de douane américains. Doug Ford évoque une approche Équipe Canada, c’est-à-dire une collaboration entre les provinces pour favoriser le commerce intérieur. Cependant, cette initiative est perçue différemment selon les acteurs du secteur. Certains la considèrent comme un premier pas encourageant, tandis que d’autres estiment qu’elle ne résout pas les obstacles majeurs du commerce interprovincial.

Obstacles logistiques majeurs

Le principal frein à cette nouvelle mesure reste la logistique, notamment les coûts et les risques liés à l’expédition. Par exemple, envoyer une seule bouteille de vin de Toronto à Vancouver peut coûter environ 40 $, sans compter les frais supplémentaires en cas de bris ou de gel pendant le transport. Ces coûts élevés limitent fortement l’intérêt des consommateurs, surtout pour les produits comme la bière ou le vin, où les frais de livraison peuvent dépasser la valeur du produit lui-même. Les acteurs du secteur, comme Dave Everitt, cofondateur de Paradise Grapevine, soulignent que cette mesure ne changera pas grand-chose pour les petits producteurs sans une ouverture des marchés de gros, qui permettrait une distribution plus efficace et moins coûteuse.

Impact limité pour les consommateurs

Selon Jordan St.John, expert dans l’industrie de la bière, cette nouvelle possibilité d’achat interprovincial intéressera surtout les consommateurs passionnés recherchant des produits introuvables dans leur province. Pour le consommateur moyen, les frais de transport élevés et la nécessité de commander plusieurs bouteilles pour rentabiliser l’expédition rendent l’option peu attractive. Nicole Raufeisen, directrice des opérations des bars à vin Grape Witches à Toronto, confirme que cette mesure ne change rien à la disponibilité des vins canadiens dans les boutiques et restaurants. Elle souligne que les consommateurs devront connaître les producteurs, accepter des frais de livraison élevés et souvent commander en grande quantité pour que l’achat soit rentable.

Réactions contrastées des producteurs

Du côté des producteurs, les réactions sont partagées. Dan Paszkowski, président-directeur général de Vignerons Canada, qualifie cette entente de percée historique et y voit une opportunité pour les petits producteurs de maintenir le lien avec les touristes ayant visité leurs vignobles. Il reconnaît toutefois que des questions restent à régler, comme les taxes applicables, les systèmes de déclaration et les modalités de livraison, afin que le nouveau régime soit simple et abordable pour les consommateurs. Il travaille sur cette question depuis 20 ans et estime que, malgré les obstacles restants, cette initiative représente un événement majeur pour l’industrie.

Ce que ça pourrait changer

La *Régie des alcools de l’Ontario* (LCBO) joue un rôle clé dans cette nouvelle mesure. Dans un courriel adressé à Radio-Canada, la LCBO a confirmé que les producteurs des provinces participantes souhaitant se joindre à cette initiative peuvent entamer le processus d’autorisation auprès de la LCBO. Cette étape est essentielle pour que les producteurs puissent vendre leurs produits directement aux consommateurs d’autres provinces. La LCBO agit ainsi comme un intermédiaire entre les producteurs et les consommateurs, en encadrant les règles et les procédures à suivre.

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