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Généraliste

Le projet de mine de charbon Grassy Mountain renaît dans une version réduite

Le Devoir · mis à jour 10 sept.

Le nouveau site minier s’étend sur 6900 acres, soit une réduction de plus de 50% par rapport au projet initial..

Retour du projet

Cinq ans après son rejet pour raisons environnementales, le projet de mine de charbon Grassy Mountain en Alberta (Canada) revient sous une forme réduite. Porté par l’entreprise Northback Holdings Corporation, détenue par la milliardaire australienne Gina Rinehart, ce projet avait été abandonné en 2021 après une évaluation fédérale jugeant ses risques environnementaux trop élevés. La nouvelle version, présentée en août 2026 au conseil municipal de Crowsnest Pass, prévoit le dépôt d’une demande officielle d’ici la fin de l’année. Brad Johnston, PDG de Northback, a détaillé devant les élus les retombées socio-économiques attendues, marquant ainsi une relance du dossier malgré les controverses passées.

Réduction de l'empreinte

La nouvelle mouture du projet réduit considérablement son impact par rapport à la version initiale. L’empreinte de la mine passe de plus de 14 000 acres à 6 900 acres, soit une diminution de plus de 50 %. La production annuelle de charbon métallurgique est également revue à la baisse, passant de 4,5 millions de tonnes à 2,5 millions de tonnes. Le site minier serait situé dans le district municipal de Ranchland, tandis que le chargement du charbon dans les trains aurait lieu à Crowsnest Pass. Ces ajustements visent à limiter les impacts environnementaux tout en maintenant une exploitation économiquement viable.

Enjeux environnementaux

Le projet initial avait été rejeté en raison de préoccupations majeures, notamment le rejet de sélénium dans les bassins hydrographiques du sud de l’Alberta. Le sélénium est un sous-produit toxique de l’exploitation du charbon qui peut contaminer les eaux et nuire à la faune. La nouvelle version du projet prévoit dès le départ des mesures de gestion de l’eau, dont un plan de traitement pour réduire la concentration de sélénium. Ces mesures s’ajoutent à d’autres ajustements techniques visant à minimiser les risques environnementaux, bien que des critiques persistent sur la viabilité à long terme de ces solutions.

Retombées économiques

Le projet promet des retombées économiques significatives pour l’Alberta. Les recettes fiscales attendues s’élèvent à 57 millions de dollars pendant la phase de construction et à 947 millions de dollars pendant l’exploitation, sur une durée de vie prévue de 26 ans. Les recettes totales pour les gouvernements provincial et fédéral sont estimées à 2,2 milliards de dollars. Northback prévoit également la création de 680 emplois directs en Alberta, ainsi que 669 emplois indirects. Ces chiffres contrastent avec une étude de 2021 de l’Université de Calgary, qui concluait que les coûts environnementaux et les risques de remise en état des sites dépassaient les bénéfices économiques.

Contexte politique

Le projet de mine de charbon a suscité une forte opposition locale et nationale. En 2021, un sondage du gouvernement de l’Alberta révélait que plus de 85 % des Albertains interrogés avaient peu confiance dans la capacité des régulateurs à garantir une exploitation sûre et respectueuse de l’environnement. Pourtant, en 2024, plus de 70 % des électeurs de Crowsnest Pass ont voté en faveur du projet lors d’un plébiscite municipal. Une pétition citoyenne, menée par le musicien Corb Lund et réunissant plus de 200 000 signatures, réclamait l’interdiction des projets de charbon sur le versant est des montagnes Rocheuses. Cependant, cette pétition n’a pas atteint le seuil requis pour un référendum, et la première ministre Danielle Smith a indiqué qu’elle n’aurait pas été soumise au vote même si elle avait franchi ce seuil.

Ce que ça pourrait changer

En mai 2025, l’*Alberta Energy Regulator* (AER), l’agence de réglementation des ressources fossiles en Alberta, a approuvé une demande de *Northback* pour des forages exploratoires, première étape vers une exploitation révisée. Cette approbation intervient après le rejet initial du projet en 2021, mais dans un cadre réglementaire modifié. L’AER a jugé que la nouvelle version du projet, avec ses mesures environnementales renforcées, répondait mieux aux exigences de sécurité et de durabilité. Cette décision marque un tournant dans l’évaluation des projets miniers en Alberta, où les enjeux environnementaux et économiques s’affrontent régulièrement.

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