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Généraliste

Pas de sortie du pénitencier avec escorte pour Guy Turcotte

Le Devoir · mis à jour 22 sept.

Il demandait à la Commission des libérations conditionnelles de sortir de prison quelques heures pour voir ses parents..

Refus de sortie conditionnelle

La Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC), un organisme indépendant qui décide des permissions de sortie pour les détenus, a refusé mardi 22 septembre 2026 à Guy Turcotte, un ancien cardiologue condamné pour un double infanticide, le droit de quitter temporairement son pénitencier pour rendre visite à ses parents âgés. Malgré les progrès significatifs qu’il aurait réalisés en détention, comme le soulignent un agent correctionnel et les commissaires eux-mêmes, la CLCC a jugé qu’une telle sortie n’était pas souhaitable à ce stade-ci de sa peine. La commissaire Jacqueline Schoepfer a justifié cette décision en invoquant la gravité exceptionnelle des délits commis par Turcotte, à savoir le meurtre de ses deux enfants en 2009 dans des circonstances particulièrement violentes. Elle a également rappelé l’importance de tenir compte de la souffrance actuelle des victimes, malgré le temps écoulé.

Crimes et condamnation

Guy Turcotte, aujourd’hui âgé de 54 ans, a été reconnu coupable en 2015 du meurtre de ses deux enfants, Anne-Sophie, 3 ans, et Olivier, 5 ans, commis en février 2009. Le coroner (médecin légiste officiel) a comptabilisé 46 plaies sur les corps des enfants, illustrant la violence extrême des actes. Après un second procès, le jury a rejeté sa défense de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux, une procédure juridique qui permet à une personne d’être déclarée non coupable si elle était incapable de comprendre la nature de ses actes en raison d’une maladie mentale. Turcotte a été condamné à la prison à vie, une peine qui signifie une incarcération permanente sans possibilité de libération anticipée, sauf exception. Dans son cas, il ne pourra demander une libération conditionnelle avant 17 ans de détention, ce qui le rendra éligible en 2028. Une libération conditionnelle permet à un détenu de purger le reste de sa peine en société sous certaines conditions strictes.

Demande de sortie refusée

Guy Turcotte avait demandé mardi matin une permission de sortie avec escorte, c’est-à-dire une sortie temporaire du pénitencier, encadrée par des agents correctionnels, pour voir ses parents. C’était la première fois depuis le prononcé de sa peine en janvier 2016 qu’il s’exprimait publiquement devant la CLCC. Lors de l’audience, il a répondu aux questions des commissaires, tandis que son ex-conjointe et mère des enfants, Isabelle Gaston, assistait à la séance depuis une position située juste derrière lui. Bien que la CLCC ait salué son courage et reconnu les témoignages positifs de l’agent correctionnel, qui a jugé son risque de récidive violente comme faible, elle a finalement refusé sa demande. La commissaire Schoepfer a expliqué que le renforcement des liens familiaux, bénéfique pour sa réinsertion sociale, ne pouvait primer sur d’autres éléments du dossier, notamment l’extrême gravité des crimes commis.

Évaluation des risques par la CLCC

La Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) devait évaluer si une sortie de Guy Turcotte présentait un risque inacceptable pour la société et les victimes. Pour cela, les deux commissaires lui ont posé de nombreuses questions sur les circonstances de ses crimes, notamment sur le fait qu’il aurait utilisé ses enfants comme des instruments pour atteindre son ex-épouse et lui infliger une souffrance supplémentaire. Le nombre élevé de coups de couteau (46 plaies) a été interprété comme la preuve d’une rage extrême. Turcotte a reconnu avoir été inondé par la colère à l’époque et avoir ressenti une profonde souffrance, voire des pensées suicidaires. Il a cependant nié avoir tué ses enfants pour punir leur mère, affirmant avoir paniqué en réalisant qu’il faisait du mal à son fils et avoir multiplié les coups pour abréger ses souffrances. La CLCC n’a pas retenu cette explication, estimant que ses actes visaient consciemment ou non à atteindre et punir Isabelle Gaston.

Témoignage d'Isabelle Gaston

Isabelle Gaston, l’ex-conjointe de Guy Turcotte et mère des deux enfants décédés, s’est adressée aux commissaires depuis un lutrin situé juste derrière le détenu. Elle a décrit toute la douleur et les pertes qu’elle a subies depuis le 20 février 2009, date des crimes, affirmant qu’une bonne partie de qui elle était était morte ce jour-là. Elle a exigé que Turcotte assume pleinement la responsabilité de ses actes et de leurs conséquences, notamment en reconnaissant qu’il s’était présenté comme une victime lors de son procès, plutôt que d’assumer les faits. Elle a également souligné que tant qu’il n’utiliserait pas des mots clairs, dénués de stratégie ou de justification, elle ne pourrait se sentir en sécurité. Malgré les remords exprimés par Turcotte pour la souffrance qu’il lui a infligée, Isabelle Gaston a insisté sur l’absence de reconnaissance totale de ses actes et de leurs motivations profondes.

Ce que ça pourrait changer

Guy Turcotte a exprimé des remords sincères, selon les commissaires, pour la souffrance qu’il a infligée à Isabelle Gaston, déclarant que *rien n’est pire que d’enlever ses enfants à quelqu’un*. Il a également reconnu l’immensité de sa douleur, tout en affirmant ne plus blâmer son ex-épouse pour ce qui s’est passé. Cependant, la CLCC a estimé que ses explications sur les motifs de ses actes manquaient encore de profondeur et d’*introspection*, c’est-à-dire de réflexion approfondie sur lui-même et ses actions. La commissaire Schoepfer a souligné que Turcotte devait davantage travailler sur les *motifs sous-jacents* de ses délits pour justifier une éventuelle permission de sortie future. Bien que le refus de mardi soit définitif, Turcotte pourra tenter une nouvelle demande ultérieurement, une fois qu’il aura progressé dans sa démarche de réhabilitation.

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