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Généraliste

Couper l’électricité pour faire pression sur Trump divise les chefs québécois

Le Devoir · mis à jour 9 sept.

Christine Fréchette n’a pas exclu de recourir à ce levier énergétique contre la Maison-Blanche..

Conflit commercial USA-Canada

En septembre 2026, les États-Unis, dirigés par le président républicain Donald Trump, ont intensifié leur conflit commercial avec le Canada en annonçant de nouvelles mesures protectionnistes. Parmi ces mesures figure l'interdiction d'importer certains produits canadiens, notamment des alcools. Cette escalade tarifaire a poussé le Québec à envisager des représailles, dont l'utilisation de son électricité comme levier de pression. Le Québec, qui exporte une partie importante de son électricité vers les États-Unis (46 % de ses exportations totales en 2025, soit 1,703 milliard d'euros), pourrait réduire, interrompre ou taxer ces exportations pour faire pression sur Washington. Cette stratégie divise les partis politiques québécois, certains y voyant une arme efficace, d'autres une mesure risquée ou contre-productive.

Positions des partis québécois

Les cinq chefs de parti en campagne électorale au Québec ont des avis divergents sur l'utilisation de l'électricité comme moyen de pression. La première ministre sortante, Christine Fréchette (CAQ), n'exclut pas cette option, tout en soulignant les contraintes contractuelles du Québec. Elle précise que cette mesure n'est pas prioritaire, mais reste sur la table. Charles Milliard (PLQ) et Ruba Ghazal (QS) sont favorables à une utilisation offensive de l'hydroélectricité, la qualifiant d'« arme » potentielle. À l'inverse, Paul St-Pierre Plamondon (PQ) et Éric Duhaime (PCQ) rejettent cette idée, la jugeant contre-productive et source d'anxiété. Le PQ critique aussi l'emploi du terme « guerre » pour décrire le conflit commercial, préférant une approche diplomatique.

Rôle d'Hydro-Québec

Hydro-Québec, l'entreprise publique québécoise responsable de la production et de la distribution d'électricité, est au cœur de ce débat. En 2025, elle a généré 1,703 milliard d'euros de revenus grâce à ses exportations d'électricité, dont 46 % étaient destinées aux États-Unis (41 % vers la Nouvelle-Angleterre et 5 % vers l'État de New York). L'idée d'utiliser cette ressource comme levier de pression n'est pas nouvelle : en 2025, le premier ministre ontarien Doug Ford avait tenté d'imposer une surtaxe de 25 % sur l'électricité exportée vers certains États américains, avant de devoir la suspendre sous la menace de représailles de Donald Trump. Mark Carney, le premier ministre canadien, s'est également opposé à cette stratégie, craignant qu'elle ne nuise à la réputation du Canada en tant que fournisseur fiable d'énergie.

Ce que ça pourrait changer

Le conflit commercial et la proposition d'utiliser l'électricité comme arme ont ravivé les tensions politiques au Québec. Les partis d'opposition accusent la première ministre sortante, *Christine Fréchette*, d'instrumentaliser ce dossier à des fins électorales, une accusation qu'elle rejette catégoriquement. *Mark Carney*, premier ministre canadien, reste discret sur le sujet, bien que son gouvernement ait déjà mis en place des contre-tarifs en réponse aux mesures américaines. Son silence actuel pourrait s'expliquer par la nécessité de trouver une solution diplomatique avant que la situation ne s'envenime davantage. Les prochains jours seront cruciaux, notamment après une retraite de son cabinet à Banff et un forum sur l'investissement à Toronto, où il pourrait être contraint de s'exprimer publiquement sur le sujet.

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