Iran, mer Rouge
Confrontées à la menace iranienne sur le détroit d’Ormuz et à celle des houthistes sur le trafic maritime en mer Rouge, les monarchies du Golfe, qui ne peuvent plus compter sur le seul parapluie américain, cherchent à renforcer leur coordination, explique le quotidien libanais “L’Orient-Le Jour”. Jusqu’à une réconciliation entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, voire à une normalisation entre Riyad et Tel-Aviv ?.
Les pays du Golfe, notamment l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, font face à deux menaces majeures en septembre 2026. D'une part, l'Iran représente une menace directe via le détroit d'Ormuz, un passage stratégique où transite environ 20 % du pétrole mondial. Téhéran pourrait, en cas d'escalade, bloquer ce détroit, paralysant ainsi l'approvisionnement énergétique mondial. D'autre part, les rebelles houthistes, soutenus par l'Iran et actifs au Yémen, perturbent le trafic maritime en mer Rouge, notamment dans le détroit de Bab El-Mandeb, une autre voie cruciale pour le commerce international. Ces deux détroits sont des points de passage obligés pour les navires reliant l'Europe à l'Asie. La reprise des combats au Yémen en 2026 a aggravé cette situation, avec des attaques houthistes ciblant les territoires saoudiens et les navires en mer Rouge.
L'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, deux puissances du Golfe, ont connu des tensions récurrentes ces dernières années. Leurs divergences portaient notamment sur des questions économiques, politiques et stratégiques, comme leur approche respective face à l'Iran ou leurs projets d'investissement. Cependant, leur rivalité s'est atténuée en septembre 2026 avec une visite officielle du vice-président émirati Mansour ben Zayed Al-Nahyane à Riyad. Cette rencontre, la première à un tel niveau depuis des années, marque une volonté de réconciliation. Selon Hussein Ibish, chercheur à l'Arab Gulf States Institute, cette étape pourrait être le début d'une coordination renforcée entre les deux pays, bien que leurs différends ne soient pas encore totalement résolus.
Face à l'urgence des menaces iranienne et houthiste, les pays du Golfe cherchent à former un front commun pour protéger leurs intérêts. Cette coopération s'explique par la difficulté à compter uniquement sur le soutien des États-Unis, dont l'engagement en faveur de la région est perçu comme moins fiable qu'auparavant. L'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, en particulier, ont intérêt à coordonner leurs actions pour sécuriser leurs frontières et leurs routes commerciales. Une telle alliance pourrait également ouvrir la voie à une normalisation entre l'Arabie saoudite et Israël, bien que cette hypothèse reste à confirmer. La visite de septembre 2026 entre les dirigeants saoudiens et émiratis s'inscrit dans cette dynamique de rapprochement stratégique.
Les tensions autour des détroits d'Ormuz et de Bab El-Mandeb ont des répercussions mondiales. Ces deux passages sont essentiels pour le transport du pétrole et des marchandises entre l'Europe, l'Asie et l'Afrique. Un blocage, même temporaire, pourrait entraîner une hausse des prix de l'énergie et perturber les chaînes d'approvisionnement. En 2026, l'économie mondiale reste très dépendante de ces routes maritimes, ce qui explique pourquoi les pays du Golfe, malgré leurs rivalités internes, sont poussés à une coopération accrue. Leur objectif est de garantir la stabilité de ces axes stratégiques pour éviter une crise économique globale.
Plusieurs acteurs jouent un rôle central dans cette dynamique. L'Arabie saoudite, dirigée par le prince héritier Mohammed ben Salmane (MBS), cherche à renforcer sa position régionale et à sécuriser ses frontières. Les Émirats arabes unis, représentés par le vice-président Mansour ben Zayed Al-Nahyane, sont également un acteur clé, avec une économie diversifiée et une influence croissante. L'Iran, quant à lui, est perçu comme une menace par les monarchies du Golfe en raison de son programme nucléaire, de ses alliances avec les houthistes et de sa stratégie d'influence régionale. Enfin, les houthistes, un groupe armé yéménite soutenu par Téhéran, sont responsables d'attaques répétées en mer Rouge et au Yémen.

