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Le Canada lance son Conseil national sur l’intelligence artificielle

Le Devoir · mis à jour 2 oct.

Le groupe sera notamment chargé de formuler des «conseils indépendants» auprès du gouvernement sur cette technologie..

Création d'un conseil

Le Canada a annoncé le 2 octobre 2026 la création d’un Conseil national sur l’intelligence artificielle (IA), un organisme indépendant chargé de conseiller le gouvernement sur les enjeux liés à cette technologie. Ce conseil, composé de treize membres issus du monde des affaires et de la communauté scientifique, travaillera en collaboration avec le cabinet du premier ministre Mark Carney. Son rôle principal sera de formuler des conseils indépendants pour aider le gouvernement à déployer l’IA de manière efficace, tout en gérant les risques et en saisissant les opportunités qu’elle offre. Parmi ses membres figure Yoshua Bengio, une figure majeure de l’IA et l’un de ses pères fondateurs, reconnu pour ses travaux en apprentissage profond (deep learning).

Objectifs du conseil

Le Conseil national sur l’IA a pour mission de veiller à ce que cette technologie améliore la vie des Canadiens, tout en garantissant son développement responsable et souverain. Il devra notamment évaluer les risques potentiels liés à l’IA, comme les biais algorithmiques, les atteintes à la vie privée ou les emplois menacés par l’automatisation. Le conseil devra aussi identifier les secteurs où l’IA peut apporter des bénéfices concrets, comme la santé, l’éducation ou les services publics. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale canadienne baptisée « L’IA pour tous », lancée en juin 2026, qui vise à favoriser une adoption plus large de l’IA dans le pays.

Contexte international

Le lancement de ce conseil intervient dans un contexte de concurrence accrue et de tensions géopolitiques autour de l’IA, notamment avec les États-Unis. Pour réduire sa dépendance envers son voisin du sud, le Canada cherche à diversifier ses partenariats internationaux. Ainsi, le 16 septembre 2026, le pays a signé un accord avec l’Allemagne pour développer une technologie au service de l’humain, une approche centrée sur l’éthique et la transparence. Mark Carney, le premier ministre canadien, a également évoqué lors d’une rencontre avec Emmanuel Macron à Saint-Pierre-et-Miquelon le 20 septembre 2026 la nécessité d’un « accès sécurisé à l’intelligence artificielle », soulignant l’importance de la souveraineté technologique.

Inquiétudes et garde-fous

Yoshua Bengio, membre du nouveau conseil, a exprimé en septembre 2026 ses inquiétudes face à une IA « hors de contrôle », un terme utilisé pour décrire des scénarios où les systèmes d’IA échapperaient à la régulation humaine. Il a appelé à l’instauration de « garde-fous », c’est-à-dire des mécanismes de contrôle pour encadrer le développement et l’utilisation de l’IA. Ces préoccupations font écho à une série d’incidents récents liés à l’IA, comme des erreurs de diagnostic médical automatisé ou des deepfakes utilisés à des fins malveillantes. Le conseil devra donc proposer des solutions pour éviter ces dérives, en s’appuyant sur des cadres réglementaires et des normes éthiques.

Ce que ça pourrait changer

Mark Carney, premier ministre du Canada depuis 2025, joue un rôle central dans cette initiative. Il a souligné dans un communiqué que le Conseil national sur l’IA serait un outil clé pour *« informer et conseiller le gouvernement »* sur les meilleures pratiques à adopter. Carney, ancien gouverneur de la Banque du Canada et de la Banque d’Angleterre, apporte une expertise en politique économique, ce qui pourrait aider à intégrer l’IA dans une vision plus large de développement national. Son gouvernement mise sur cette technologie pour renforcer la compétitivité du Canada tout en préservant ses valeurs, comme la protection des données et les droits des citoyens.

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