Qui est Fatima Ezzahra El-Mansouri, nouvelle Première ministre marocaine ?
Le 23 septembre 2026, après des élections législatives marquées par une forte abstention, c’est le Parti authenticité et modernité (PAM) qui est arrivé en tête. Sa cheffe, Fatima Ezzahra El-Mansouri, a été nommée Première ministre par le roi et devient ainsi la première femme à diriger un gouvernement au Maroc..
Fatima Ezzahra El-Mansouri est devenue la première femme Première ministre du Maroc le 23 septembre 2026, après avoir été nommée par le roi Mohamed VI. Son parti, le Parti authenticité et modernité (PAM), a remporté les élections législatives du même mois, bien que marquées par une forte abstention. Cette nomination historique s'inscrit dans un contexte politique marocain où les femmes occupent rarement des postes aussi élevés. El-Mansouri succède à un gouvernement dirigé par un homme, et son élection symbolise une possible évolution des rôles de genre dans la gouvernance du pays. Son parcours politique, marqué par des défis judiciaires et administratifs, illustre aussi les obstacles persistants pour les femmes en politique au Maroc.
Fatima Ezzahra El-Mansouri a été élue maire de Marrakech en 2009, un mandat qui a été contesté par un parti politique concurrent. Après l'annulation du scrutin par un tribunal, elle a finalement récupéré son poste grâce à une décision de la cour d'appel de Marrakech en 2015. Cette affaire a conduit au limogeage d'un wali (gouverneur régional) et d'un juge, ce qui a alimenté des spéculations sur ses appuis au palais royal. Certains observateurs y voient une preuve de son influence, tandis que d'autres soulignent les défis qu'elle a surmontés pour s'imposer dans un environnement politique dominé par les hommes. Son parcours est souvent décrit comme celui d'une dame de fer aux pieds d'argile, combinant fermeté et vulnérabilités.
Fatima Ezzahra El-Mansouri est décrite par la presse marocaine comme une femme de caractère et dotée d'une vraie intelligence politique. Son profil a été préféré à celui de Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football et ministre sortant, dont le nom avait été évoqué pour le poste de Premier ministre. Certains analystes suggèrent que le roi Mohamed VI a choisi El-Mansouri pour envoyer un message fort : la Coupe du monde 2030, dont le Maroc est co-organisateur, n'est pas une priorité absolue à ce stade. Son élection reflète ainsi une volonté de recentrer l'action politique sur des enjeux nationaux plutôt que sur des projets symboliques.
Les élections législatives de septembre 2026 au Maroc ont été marquées par une forte abstention, reflétant un désengagement d'une partie de la population envers le processus politique. Malgré cette faible participation, le PAM, dirigé par El-Mansouri, est arrivé en tête des résultats. Ce parti, fondé en 2008, se positionne comme un acteur clé de la vie politique marocaine, prônant une modernisation du pays tout en restant ancré dans les valeurs traditionnelles. L'abstention record souligne les défis de la démocratie marocaine, où la confiance des citoyens dans les institutions reste fragile.
La nomination de Fatima Ezzahra El-Mansouri comme Première ministre intervient dans un contexte où le Maroc cherche à renforcer sa représentation féminine dans les hautes sphères du pouvoir. Son élection pourrait inspirer d'autres femmes à s'engager en politique, tout en posant la question de la parité dans un pays où les rôles traditionnels restent ancrés. Par ailleurs, son arrivée à la tête du gouvernement pourrait influencer les priorités politiques, notamment en matière de réformes sociales et économiques. Son profil, alliant fermeté et pragmatisme, pourrait aussi apaiser les tensions politiques internes.

