Et si les cartes Pokémon devenaient la nouvelle monnaie en cas d’apocalypse ?
Selon un expert financier, les cartes Pokémon pourraient devenir la nouvelle monnaie mondiale si une apocalypse avait lieu. Ne vendez pas les vôtres sur Le Bon Coin, on ne sait jamais..
Les cartes Pokémon, initialement conçues comme des éléments de jeu dans les années 1990, ont évolué pour devenir un marché spéculatif majeur. Leur valeur peut atteindre des sommes considérables, comme en témoignent des ventes record : en 2022, une carte rare Charizard a été vendue 420 000 dollars, soit environ 385 000 euros. Cette spéculation s’explique par leur rareté, leur état de conservation et leur popularité auprès des collectionneurs. Le marché des cartes Pokémon est estimé à plusieurs milliards de dollars, avec une croissance annuelle de 20 % depuis 2016. Leur statut de monnaie alternative en cas de crise repose sur cette valeur perçue et leur liquidité, c’est-à-dire la facilité avec laquelle elles peuvent être échangées contre des biens ou services.
Pour qu’un objet devienne une monnaie, il doit remplir trois fonctions principales : servir d’unité de compte (mesurer la valeur des biens), de réserve de valeur (conserver sa valeur dans le temps) et de moyen d’échange (faciliter les transactions). Les cartes Pokémon remplissent partiellement ces critères. Leur valeur est mesurable grâce à des plateformes comme eBay ou Cardmarket, où elles sont cotées en euros ou en dollars. Elles peuvent aussi conserver une partie de leur valeur sur le long terme, surtout si elles sont rares ou en excellent état. Cependant, leur utilité comme moyen d’échange reste limitée, car elles ne sont pas universellement acceptées et leur valeur fluctue selon l’offre et la demande. En cas d’apocalypse, leur acceptation dépendrait de la confiance des individus dans leur valeur future.
Les cartes Pokémon présentent plusieurs atouts par rapport aux monnaies traditionnelles en situation de crise. Elles sont physiques (donc non dépendantes des systèmes bancaires ou numériques), transportables (faciles à stocker dans un sac ou une poche) et divisibles (une carte peut valoir quelques euros comme des milliers). Leur valeur est aussi internationale, car le marché des cartes est globalisé. Enfin, elles bénéficient d’une communauté active de collectionneurs, prête à les échanger ou à les vendre. Ces caractéristiques en font un candidat crédible pour remplacer une monnaie défaillante, à condition que leur valeur soit reconnue par un nombre suffisant de personnes.
Malgré leurs avantages, les cartes Pokémon comportent des risques majeurs comme monnaie de crise. Leur valeur est spéculative : elle dépend de la rareté et de l’engouement des collectionneurs, qui pourraient disparaître en cas de catastrophe. Leur falsifiabilité est un autre problème : des contrefaçons circulent déjà sur le marché, et leur détection nécessite des connaissances spécifiques. De plus, leur non-régulation signifie qu’aucune institution ne garantit leur valeur, contrairement aux monnaies officielles. Enfin, leur acceptation limitée pourrait poser problème : sans consensus social, leur usage comme monnaie serait inefficace. Ces limites soulèvent des questions sur leur viabilité à long terme en tant que système monétaire alternatif.
Plusieurs scénarios pourraient conduire à l’adoption des cartes Pokémon comme monnaie. Un effondrement des systèmes bancaires (cyberattaque massive, crise économique) rendrait les monnaies traditionnelles inutilisables. Une catastrophe naturelle (inondation, ouragan) pourrait paralyser les infrastructures financières locales. Enfin, une pandémie ou une guerre pourrait perturber les échanges et rendre nécessaire un système de troc alternatif. Dans ces contextes, les cartes Pokémon pourraient émerger comme une solution pragmatique, surtout si elles sont déjà détenues par une partie de la population. Leur adoption dépendrait alors de leur diffusion massive et de leur reconnaissance par les autorités locales ou les groupes survivants.
L’histoire offre des exemples de monnaies alternatives utilisées en période de crise. Pendant la *Grande Dépression* (1929-1939), des villes américaines ont émis des *bons de travail* ou des *monnaies locales* pour pallier la pénurie de liquidités. Plus récemment, en *Grèce* (2015), des citoyens ont utilisé des *monnaies complémentaires* comme l’*euro local* pour contourner les restrictions bancaires imposées par l’UE. Ces exemples montrent que les monnaies alternatives peuvent émerger spontanément lorsque les systèmes traditionnels faillent. Cependant, leur succès dépend de leur adoption par une majorité de la population et de leur stabilité relative. Les cartes Pokémon pourraient s’inscrire dans cette logique, mais leur succès n’est pas garanti.

