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Généraliste

Santé Québec préoccupée par la hausse de l’absentéisme dans le réseau

ICI Radio-Canada · mis à jour 28 sept.

L’absentéisme est en hausse dans le réseau de la santé depuis 10 ans, un cercle vicieux difficile à briser..

Absentéisme record au Québec

En 2024-2025, le réseau de la santé québécois a enregistré un taux d’absentéisme record de 21,3 % pour le personnel soignant (infirmières, inhalothérapeutes, puéricultrices, etc.) et de 23,7 % pour les préposés aux bénéficiaires et autres métiers techniques. Ces chiffres, publiés par le ministère de la Santé et des Services sociaux, montrent une hausse significative par rapport à 2014-2015, où les taux étaient respectivement de 18,2 % et 19,1 %. Les absences incluent les congés maladie, les accidents de travail, les maladies professionnelles et les retraits préventifs. Pour Santé Québec, cette situation est une priorité absolue, car elle menace la capacité du réseau à offrir des soins de qualité. Martyne Charland, directrice générale talent chez Santé Québec, souligne que « c’est excessivement prioritaire » et que « on a besoin d’une équipe en bonne santé pour pouvoir prendre soin des autres ».

Cercle vicieux de l'épuisement

L’absentéisme dans le réseau de la santé s’auto-entretient selon les experts. Denis Chênevert, professeur à HEC Montréal, explique que les soignants absents créent une surcharge de travail pour ceux qui restent, ce qui les épuise et les pousse à leur tour à s’absenter. Ce phénomène crée un cercle vicieux difficile à briser. En 10 ans, les absences pour maladie ont augmenté de 17 % chez les infirmières et de 24 % chez les préposés. Francesco Montani, professeur à l’Université de Montréal, ajoute que les métiers proches du terrain, comme les infirmières ou les préposés, sont particulièrement exposés en raison de la charge émotionnelle, des horaires difficiles et des exigences de volume de travail. Les données montrent que les absences pour maladie sont près de trois fois plus élevées chez ces professionnels que chez le personnel d’encadrement.

Conséquences financières et humaines

L’absentéisme coûte des centaines de millions d’euros chaque année au réseau de la santé québécois, selon Denis Chênevert. Si le taux d’absentéisme était ramené à la moyenne des autres secteurs, des dizaines de milliers de soignants supplémentaires pourraient être disponibles quotidiennement. Par ailleurs, le ratio d’absentéisme total dépasse les 40 % pour les infirmières, les auxiliaires et les préposés lorsqu’on additionne les congés pour maladie et les absences conventionnées (vacances, congés parentaux, etc.). Les experts soulignent également que la perte de sens et le découragement face aux difficultés du système contribuent à cette situation. La pandémie de COVID-19 et les réformes successives du réseau ont aggravé la pression sur les équipes, selon les syndicats.

Solutions envisagées par Santé Québec

Santé Québec mise sur deux principales solutions pour réduire l’absentéisme : la surdotation et l’autogestion des horaires. La surdotation consiste à prévoir plus de personnel que le minimum requis pour assurer la continuité des soins et la stabilité des équipes. L’autogestion des horaires permet aux employés de mieux organiser leur temps de travail en fonction de leurs besoins personnels, sans avoir à prendre de congés. Par exemple, un employé pourrait indiquer à l’avance ses indisponibilités pour un événement futur, évitant ainsi des ajustements de dernière minute. Martyne Charland, de Santé Québec, précise que cette approche réduit la pression sur les équipes et limite les absences. Cependant, les syndicats demandent des mesures supplémentaires, comme l’instauration de ratios patients-infirmières et des aménagements de temps de travail plus flexibles.

Ce que ça pourrait changer

Inverser la tendance de l’absentéisme dans le réseau de la santé québécois est un défi complexe, car les causes sont multiples et varient selon les équipes. Denis Chênevert souligne que les organisations ne savent pas toujours sur quel levier agir, et que les solutions doivent être adaptées à chaque contexte. Les facteurs en jeu incluent la charge de travail, les horaires atypiques, la charge émotionnelle, la perte de sens au travail et l’impact de la pandémie. Les experts insistent sur la nécessité d’agir sur plusieurs fronts simultanément pour briser le cercle vicieux. Les gestionnaires du réseau, interrogés par Radio-Canada, confirment que l’absentéisme est actuellement le plus gros problème du système de santé.

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